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mardi 6 décembre 2016

9 décembre 1905 : séparation des Églises et de l'État

Aristide Briand


Le 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand (43 ans) fait voter la loi concernant la séparation des Eglises et de l'État.
La loi s'applique aux quatre confessions alors représentées en France : le catholicisme, la confession d'Augsbourg (les protestants luthériens), les réformés (les protestants calvinistes) et les israélites. Elle clôture 25 ans de tensions entre la République et l'Église catholique, l'un et l'autre se disputant le magistère moral sur la société.


Une loi de conciliation

 La nouvelle loi met fin au Concordat napoléonien de 1801 qui régissait les rapports entre le gouvernement français et l'Église catholique. Elle proclame la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.


Article 1er : «la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes...».

Article 2 : «La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte...»

Par cette loi, l'État manifeste sa volonté de neutralité religieuse mais ne s'exonère pas de ses responsabilités. Il veut «garantir» à chacun les moyens d'exercer librement sa religion dans le respect de celles d'autrui. C'est dans cet esprit que sont instituées des aumôneries dans les milieux fermés (casernes, lycées, prisons, hôpitaux)... et, plus tard, des émissions religieuses sur les chaînes publiques de télévision.

L'État n'entend en aucune façon limiter la liberté de conscience ni cantonner la religion à la sphère privée (il n'est pas question par exemple d'interdire le port d'insignes religieux !).

Sur le plan financier, la loi a deux conséquences majeures :
– Les ministres des cultes (évêques, prêtres, pasteurs, rabbins,...) ne sont plus rémunérés par l'État et celui-ci se désintéresse totalement de leur nomination,
– Les biens détenus précédemment par les Églises deviennent la propriété de l'État mais celui-ci se réserve le droit de les confier gratuitement aux représentants des Églises en vue de l'exercice du culte.

Pour les Églises, l'opération va s'avérer plutôt profitable (mais on ne s'en apercevra que bien plus tard). En effet, d'une part, les ministres du culte et en particulier les évêques vont gagner en indépendance, n'étant plus tenus de rendre des comptes à l'administration. D'autre part, les Églises ne vont plus avoir à leur charge l'entretien très coûteux des édifices religieux (cathédrales, églises, temples,...) préexistant à la loi de 1905. Elles ne devront plus assurer que l'entretien courant de ces édifices... Quand à ceux qu'elles seront amenées à construire après la loi de 1905, ils seront leur propriété pleine et entière.

mercredi 24 août 2016

24 août 79 : Pompéi sous les cendres





Le 24 août 79, une violente éruption du Vésuve, volcan que l'on croyait éteint à jamais, provoque l'enfouissement de la riche cité romaine de Pompéi sous une pluie de cendres volcaniques. Le même jour, le port voisin d'Herculanum, à l'habitat plus populaire, disparaît, lui, sous une coulée de roches et de laves.
Pompéi se retrouve enfouie sous 6 mètres de lapilli (fines particules de roches volcaniques) et Herculanum sous 16 mètres de boues. Sorties de l'oubli 1700 ans plus tard, ces deux cités nous ont permis, grâce à leur malheur soudain, de connaître la civilisation romaine à son apogée avec autant de précision que si elle s'était éteinte hier.








Un volcan que l'on croyait éteint
 
La précédente éruption du Vésuve remontait à 3.500 ans avant JC et n'avait laissé aucun souvenir dans la mémoire des hommes. Aussi les Romains ne savaient-ils même pas que la montagne fertile dominant la baie de Naples était un volcan !
Pourtant, une alerte avait eu lieu en l'an 62, sous le règne de l'empereur Néron. Elle s'était traduite par un violent tremblement de terre qui avait détruit une première fois la ville de Pompéi.
Sans attendre, les riches propriétaires de la ville avaient reconstruit les superbes demeures décorées de fresques, de statues, de mosaïques et de fontaines, où ils venaient se reposer des turbulences de la vie romaine.
La reconstruction était à peine terminée que le volcan se réveillait pour de bon en l'an 79, sous le règne de l'empereur Titus, celui-là même qui écrasa avec son père une révolte juive.


Une surprise de taille
En une heure, le volcan propulse dans l'atmosphère un énorme nuage de cendres brûlantes en forme de pin parasol. A plusieurs kilomètres de hauteur, ces cendres d'un total de plusieurs millions de tonnes se refroidissent et retombent sous forme de poussières et de pierres ponce sur Pompéi. On parle de nuées ardentes.
Sur les 10.000 à 15.000 habitants que devait compter Pompéi, on en a retrouvé à ce jour 2.000 qui ont succombé par asphyxie. Habitués aux tremblements de terre mais ignorant tout du volcanisme, ils avaient négligé de fuir quand il en était encore temps.
Quelques heures plus tard, une coulée composée de roches en fusion et de cendres, dite pyroclastique, dévale la pente du Vésuve et carbonise instantanément Herculanum et ses habitants. On retrouvera deux mille ans plus tard des débris de squelettes. Au total, en près de 24 heures, le Vésuve entraîne la mort de plusieurs milliers de personnes dans les villes et les campagnes du golfe de Naples.


À Misène, à la pointe nord du golfe de Naples, un jeune homme de 17 ans, Pline le Jeune, assiste à l'éruption et en rédige le compte-rendu détaillé dans deux lettres. Les vulcanologues donneront bien plus tard le qualificatif de plinéen à une éruption volcanique comme celle qu'il a décrite.
L'oncle du jeune homme, Pline l'Ancien, est un savant connu pour une gigantesque Histoire naturelle en 37 volumes (on lui doit aussi cette critique des excès gastronomiques de ses concitoyens : "Un cuisinier coûte plus cher qu'un triomphe").
Au moment de la catastrophe, il commande la flotte romaine qui mouille à Misène. Mû par la curiosité scientifique et par un sentiment d'humanité, il meurt asphyxié sur la plage de Stabies après avoir tenté avec ses navires d'apporter de l'aide à des habitants.









Bénéfices d'une tragédie

La disparition de Pompéi et d'Herculanum est une tragédie humaine comme on en voit hélas à toutes les époques et sur tous les continents. Si elle a gardé une place à part dans l'Histoire, c'est qu'elle s'est avérée être une bénédiction pour les archéologues et les artistes des temps modernes.
L'éruption et les villes martyres sont tombées dans l'oubli pendant plusieurs siècles. Puis, au XVIIIe siècle, la charrue d'un paysan heurta par hasard des restes d'Herculanum. C'est ainsi qu'à partir de 1763, les savants purent excaver les traces presque intactes de la vie quotidienne des riches Romains.
Les trésors de l'empire romain recueillis à Pompéi sont devenus une source d'inspiration pour les décorateurs et les artistes qui ont inauguré en France les styles Directoire et Empire. Ainsi le sculpteur Canova a-t-il réalisé dans le style antique la statue de Pauline Bonaparte nue que l'on peut voir à la villa Borghèse, à Rome.
Les archéologues se sont aperçus bientôt que les meubles et les corps ensevelis sous les cendres chaudes avaient laissé la place à des cavités vides en se décomposant.
L'archéologue Giuseppe Fiorelli a eu l'idée d'injecter du plâtre dans ces cavités de façon à restituer la forme des disparus. D'où ces moulages saisissants des habitants de Pompéi figés dans l'attitude où la mort les a surpris.
On peut aujourd'hui visiter les ruines des deux villes et y retrouver le souvenir de l'ancienne Rome ainsi que dans le musée de Naples, qui abrite plus d'un million d'objets retrouvés sur les sites.


Source : http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=790824




 Photos personnelles de Pompéi - Août 1967




lundi 22 août 2016

Raimond Valgre : Veel Viivuks Jää (Reste avec moi encore un instant) : interprêté par Liisi Koikson et Mart Sander



Le 3 août 2009 ,j'avais fait un post sur Raimond Valgre , un compositeur et musicien estonien : http://blog-dazur.blogspot.com/2009/08/raimond-valgre-un-compositeur-et.html
J'y reviens pour donner la traduction d'une de ses chansons  "Veel viivuks jää " ,qui a été reprise et  interprétée par Liisi Koikson et Mart Sander  .




Voici les paroles de la chanson "Veel Viivuks Jää ",  
en estonien d'abord :

Roose kevad endaga toob
puhkeb rõõm ja süda on noor
tuhandeid mõtteid täis pea


Taeva taustal säravad söed
lõhnab sirel sumedas öös...
sinuga olla on hea

Refrain:
Veel viivuks jää mu armsam
hetkeks mu juurde veel jää
su kuju örn ja vaade hell
su silmist kes teab
mil neid ma jälle näen

Veel viivuks jää mu armsam
säilita hetkeks veel hurm
hellusest soojusest
ja päikse paistest
kevad on sinuta kurb



Et voici la traduction approximative en français 
( traduction pratiquement "mot à mot " )


Reste avec moi pour un instant  

 
Le printemps apporte les roses
La joie commence et le coeur est jeune
La tête est pleine de milliers d'idées.

Le ciel au fond brille comme la braise
Le lilas sent bon dans la nuit brumeuse...
C'est bien d'être avec toi

Refrain
Reste avec moi pour un instant, mon amour ,
Reste avec moi juste pour un instant,
Ta silhouette est fragile et ton regard gentil .
Ces yeux ,qui sait quand je vais les revoir ?

Reste avec moi pour un instant ,mon amour ,
Garde pour un instant charme ,gentillesse et chaleur ,
Le printemps est triste sans toi .



Et pour finir, "ma" traduction , en essayant d'être un peu moins "mot à mot" :

Reste avec moi encore un instant
 

Le printemps apporte les roses ,
Le bonheur revient dans nos jeunes cœurs
Les têtes sont pleines de mille projets .

Dans le lointain, le ciel brille de mille feux ,
Le lilas sent si bon dans la nuit embrumée ,
Quel bonheur d'être avec toi

Refrain
Reste avec moi encore un instant, mon aimée ,
Reste avec moi encore juste un instant ,
Ta silhouette est si fragile , ton regard  si tendre,
Je regarde tes yeux et ne sais
Quand je vais les revoir ?

Reste avec moi encore un instant mon aimée ,
Arrête le temps pour ces moments remplis de charme ,
D'amour et de chaleur,
Le printemps est si triste sans toi


Merci d'excuser les éventuelles fautes de traduction,vous êtes tous autorisés à les corriger.
Pour la fin de la chanson en allemand ,comme j'avais appris cette langue pendant quelques années au lycée il y a bien longtemps , j'ai réussi à comprendre quelques mots ...


Sag nicht "adieu" ,mein liebling (Ne dis pas adieu ,mon aimé )
Sag mich aufwiedersehen  (dis moi au revoir)
ist schöner tag, wenn du mir sagst "ich liebe dich" ( c'est une belle journée quand tu me dis "je t'aime")
-------------------------------------?
-------------------------------------?
Sag nicht "adieu" ,mein liebling (ne dis pas adieu , mon aimé )
Sonst wirst zerbrechen mein herz ? (sinon, tu vas me briser le coeur)
Bleib bei mir (reste avec moi )
denn bei dir (car avec toi)
Bis immer fröhlich (pour toujours heureux)
Sonst ist der frühling ........? (sinon ,le printemps est ...?) Je n'entends pas bien les derniers mots ..



Raimond Valgre, un compositeur et musicien estonien






Un petit intermède "nostalgique" et un retour au début du XXè siècle , avec Raimond Valgre ,un musicien estonien que j'ai découvert en recherchant des chansons de Liisi Koikson , une chanteuse-compositeur contemporaine estonienne .
Sa musique me rappelle celle que mes parents écoutaient à la même époque .

Raimond Valgre (né sous le nom de Raimond Tiisel ) - 7 Octobre 1913 / 31 Décembre 1949 - est un compositeur et musicien estonien, dont les chansons sont parmi les plus connues en Estonie.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale , il devint un des membres de l'orchestre de la 8ème Estonian Rifle Corps (formation de l'armée soviétique) .





Conscient des horreurs qui eurent lieu sur le Front de l'Est, le compositeur souffrit d' alcoolisme et s'effondra moralement après la guerre. Sa musique a été interdite à partir de 1948 par les autorités soviétiques . 
Raimond Valgre est mort le 31 Décembre 1949.

La renaissance de Raimond Valgre commença dans les années 1980 , alors que l'Estonie était encore sous le joug soviétique , grâce à la chanteuse de jazz arménienne Tatevik Oganesyan , celle-ci ayant inclus "Un peu d' histoire dans la Musique" de Valgre dans son album "Day Dream".

D'autre part ,un long métrage sur la vie de Raimond Valgre "Those Old Love Letters " est sorti en 1992.

Au Concours Eurovision de la chanson 2002 ,les présentateurs Annely Peebo et Marko Matvere interprétèrent " Un peu d' histoire dans la musique" de Valgre ("A Little Story in the Music") .
Et en 2001, le guitariste Francis Goya a enregistré douze chansons du compositeur Raimond Valgre , parues dans l'album "Heureux de vous rencontrer ,Mr Valgre ".

Francis Goya


Francis Goya
 
Mars 2001, premiers concerts en Estonie :
C'est après vingt ans de succès en Europe de l'est que Francis Goya fut invité en mars 2001 à donner un concert Estonie, au Philharmonic Hall de Tallinn ,accompagné par l'Orchestre de chambre du Philharmonic, dirigé par Jean-Luc Drion pianiste et chef d'orchestre, complice de Francis depuis plus de trente ans. 
Ce premier concert remporta un tel succès que Francis dut prolonger son séjour en Estonie afin de donner un second concert le lendemain au même Philharmonic Hall. 
Après cette première expérience en Estonie, Francis décida d'enregistrer un album instrumental comprenant des œuvres écrite par le grand compositeur Estonien "RAIMOND VALGRE". Cet album remporte actuellement un très grand succès en Estonie.
Son site : http://www.francisgoya.com/

 
J'ai découvert Raimond Valgre par hasard grâce à la vidéo d'une de ses chansons : 
"Veel viivuks jää " ,interprété par Liisi Koikson et Mart Sander . 
La chanson , dont les paroles sont en estonien au début ,se termine en allemand .






Voici la traduction approximative en français (c'est une traduction presque "mot à mot", un peu "arrangée" par moments ).

Le titre : Reste avec moi pour un instant

Le printemps apporte les roses
La joie commence et le coeur est jeune
La tête est pleine de milliers d'idées.

Le ciel au fond brille comme la braise
Le lilas sent bon dans la nuit brumeuse...
C'est bien d'être avec toi

Refrain
Reste avec moi pour un instant, mon amour ,
Reste avec moi juste pour un instant,
Ta silhouette est fragile et ton regard gentil .
Ces yeux ,qui sait quand je vais les revoir ?

Reste avec moi pour un instant ,mon amour ,
Garde pour un instant charme ,gentillesse et chaleur ,
Le printemps est triste sans toi .


Et pour finir, "ma" traduction , en essayant d'être un peu moins "mot à mot":

Reste avec moi encore un instant !

Le printemps apporte les roses ,
Le bonheur revient dans nos jeunes cœurs
Les têtes sont pleines de mille projets.

Dans le lointain, le ciel brille de mille feux ,
Le lilas sent si bon dans la nuit embrumée ,
Quel bonheur d'être avec toi!

Refrain
Reste avec moi encore un instant, mon aimée ,
Reste avec moi encore juste un instant ,
Ta silhouette est si fragile , ton regard si tendre,
Je regarde tes yeux et ne sais
Quand je vais les revoir ?

Reste avec moi encore un instant, mon aimée ,
Arrête le temps pour ces moments remplis de charme ,d'amour et de chaleur,
Le printemps est si triste sans toi !





vendredi 12 août 2016

Les falaises calcaires de la péninsule de Pakri ,près de Paldiski - nord-ouest de l' Estonie - (29 mars 2011)


Péninsule de Pakri 

Après les chutes de Keila-Joa ,direction Paldiski pour admirer la mer Baltique gelée depuis les  falaises calcaires qui s'élèvent le long de la péninsule de Pakri.
Nous traversons Paldiski, ville portuaire, ancienne base de sous-marins nucléaires soviétiques. De nombreuses barres de vieux immeubles (datant de la dernière occupation soviétique) ,dont certains semblent "restaurés"( les façades ont été repeintes), bordent les rues de la ville . L'occupation soviétique a laissé des traces , la ville est triste , on devine beaucoup de  pauvreté.


Paldiski est située sur un péninsule à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Tallinn. Sa situation géographique en a fait un lieu privilégié pour abriter un port. Dès 1716, Pierre le Grand, aidé de son ingénieur militaire Abraham Hannibal (l'arrière grand-père maternel du poète Pouchkine), en ont fait un port militaire.
Paldiski a été détruite en 1944 par les Allemands. Les Soviétiques en ont fait par la suite une base de sous-marins nucléaires. Ils ne repartiront qu'en 1994 avec le retrait de l'armée rouge. Le paysage urbain et militaro-industriel ainsi que l'odeur qui se dégage des raffineries découragent les plus courageux à se tremper les pieds dans l'eau.





  



A la sortie de la ville , la route nous emmène vers la pointe de la péninsule (Pakri pank). Nous apercevons  les falaises de calcaire . Elles sont parmi les plus élevées d'Estonie .

Ces falaises font partie des biens soumis à la liste indicative des sites demandant à être inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO : http://whc.unesco.org/fr/etatsparties/ee/

Un court arrêt pour prendre quelques photos . Il fait très froid , le vent est glacial ,difficile de rester longtemps dehors ! 
Nous repartons direction Tallinn pour nous mettre au chaud .
























Agrandir le plan


dimanche 12 juin 2016

La Rochelle est la seule ville française faisant partie de la Hanse (ligue hanséatique) du Nouvel-Âge.







La Hanse (encore appelée ligue hanséatique) était une association regroupant des marchands de plusieurs ports et villes du Nord de l’Europe du Moyen-Âge au XVIIème siècle.
Bien qu’elle ne fût jamais une ville hanséatique, La Rochelle resta un comptoir important sur la façade atlantique et un allié protestant.

"Au fond d'une anse, abritée par trois îles, Oléron, Aix et Ré, La Rochelle a, dès sa naissance au Xème siècle, fondé sa renommée sur l'océan pour devenir l'un des principaux ports de la façade atlantique (8e port français en 2004 pour l'ensemble de l'activité avec 7 millions de tonnes). 
Après la ruine de Châtelaillon en 1130-1131, les comtes de Poitiers transforment La Rochelle, bourgade de pêcheurs, en ville nouvelle, qui sera entourée de remparts dès 1173. À partir de La Rochelle, c'est l'ensemble de l'Aunis qui entreprend la mise en valeur de ses ressources : les défrichements fournissent les terres au vignoble, l'exploitation du sel se poursuit. Dès le XIIe siècle, La Rochelle, avec Bordeaux et Bayonne, concentre le négoce maritime international : Espagne, Angleterre, villes de la Ligue hanséatique, mer Baltique. Un nouveau port est aménagé au fond de la baie. Le cabotage et l'exportation de produits agricoles – blés du Poitou, vins, eaux-de-vie, papier d'Angoumois, sel –, et un vaste arrière-pays relié par la Charente constituent des atouts vis-à-vis de clients d'Europe du Nord. " 







La Hanse disparut à travers les siècles avant de renaître en 1980. On parle de la Hanse du Nouvel-Âge.
L’adhésion de La Rochelle à La Hanse date de 2004. Elle émane de ses relations de jumelage avec la ville de Lübeck, capitale des villes hanséatiques, qui l’a invitée à intégrer cette ligue moderne pour les liens privilégiés qu’elle entretint avec les villes du Nord, du Moyen Age jusqu’au XVIIIème siècle.
Aujourd’hui, La Ligue internationale des Villes Hanséatiques, ou "La Hanse" représente l’association de villes la plus importante en Europe. Elle regroupe 176 villes, parmi lesquelles, Hambourg, Amsterdam, Anvers, Bruges, Bergen, Lübeck, Brême, Riga, Tallinn, Veliky Novgorod (…) situées dans 16 pays.


Site de la Ligue Hanséatique 

 Les journées hanséatiques de l'âge moderne 

 








La Rochelle est la seule ville française faisant partie de la Hanse.
Les villes de la Hanse se réunissent une fois par an à l’occasion du rassemblement des Villes Hanséatiques. Cet événement a lieu chaque année dans une ville différente selon un calendrier établi jusqu’en 2035. En 2010 ,le rassemblement a eu lieu à Pärnu en Estonie ,en 2011 à Kaunas (Lituanie) .



En 2016 , le rassemblement a lieu à Bergen (Norvège) - http://hansa2016.no/
 
Le Conseil de l’Europe reconnaît la Hanse comme l’une des plus importantes "routes culturelles européennes" pour le lien patrimonial et historique qui unit les pays en faisant partie. 



En 2012, La Rochelle, ( La Rochelle hanséatique: la ville se prépare à fêter son passé au printemps ) avec 26 autres villes hanséatiques ,participera à un projet d’envergure financé par la Commission Européenne qui vise à promouvoir un tourisme durable transnational.
Jusqu’alors, orientée vers le tourisme, la culture, et la jeunesse, la Hanse prend peu à peu conscience de son potentiel économique, et a pour objectif à présent de développer un réseau structuré d’échanges et de partenariat entre les villes hanséatiques.

 
 
 
A lire aussi 
Les échanges commerciaux entre le pays guérandais et les "mondes" nordiques
La ligue hanséatique
La Rochelle s'invite au marché des villes du nord

Sources 



samedi 9 avril 2016

Souffle de poésie

Un petit village typique , ayant inspiré cette poésie : Angles sur l'Anglin ,
aux confins du Poitou et du Berry


Suite au post "l 'Europe aux neuf langues" du 24 juillet dernier, je ne peux résister au plaisir de partager une poésie qu'avait écrite mon père en janvier 1988 . Elle a été publiée le 18 janvier 1988 dans le "Journal du Jura" et s'intitule "Souffle de poésie".



"Quand il t'arrive,amie,de parler de la France
Aux  filles et aux garçons qui ne savent rien d'elle,
Laisse donc là tes livres et oublie Fontenelle,
Rimbaud et Mallarmé !... Alors , dans le silence,
Mets toi à fredonner la chanson que jouait,
Aux terrasses des bars ,quand venait le printemps,
L'accordéon moqueur,celui que tu aimais,
Là-bas sur le vieux port. Rappelle-toi les gens
De la petite ville ,les gosses endimanchés
Au sortir de l'église,et le fils du boucher
Sifflant,à bicyclette,quand il allait livrer
Ses rôtis ficelés. Souviens-toi de René,
Au bistrot de la place ,qui passait ses soirées
A écrire des poèmes sur le marbre écaillé
Du guéridon repeint. Et n'oublie pas Andrée,
Celle qui te coiffait en disant des histoires
Qui te faisaient sourire. La France, c'est Chénier,
C'est Chamfort,c'est Degas,c'est sans doute Renoir,
Mais c'est aussi Léon affichant le tiercé .
C'est le petit village, perdu dans ta mémoire,
Avec ses marronniers,ses pêcheurs à la ligne
Figés au bord de l'eau,dessous les peupliers ;
C'est le petit vin frais venant tout droit des vignes
Du fermier bordelais. C'est le Causse oublié
Et c'est l'accent de Nîmes !... Mais ,vois-tu, c'est assez,
C'est assez pour comprendre le Roman de Renard,
Cent pages de Balzac,un poème de Musset,
La vie de tous les jours au pays de Ronsard !"

                                                        Jacques Alibert

vendredi 8 avril 2016

L'Europe aux neuf langues ( 22 juin 1989 )

Pour voir la carte montrant l'évolution des pays membres de la CEE (de 1957 à 1993) puis de l'Union européenne, animée selon l'ordre d'adhésion , cliquez sur le lien suivant : http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_europ%C3%A9enne



Voici un article que mon père avait écrit dans la tribune libre du Centre-Presse ( quotidien de la Vienne) du 22 juin 1989 . Il s'intitule "l'Europe aux neuf langues" .
Cet article montre la vision de l'Europe du futur que pouvait avoir un citoyen européen en 1989.
Je précise pour comprendre certaines annotations faites dans l'article ,que mon père était linguiste ,enseignait deux langues ,l'espagnol et le portugais et parlait aussi couramment l'anglais et l'allemand .


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"Au lendemain des élections au Parlement européen (18 juin 1989),il peut être intéressant d'évoquer un problème difficile à résoudre lors de la réalisation d'une Europe unie : c'est celui des langues de la communauté .
On ne cesse de parler de questions économiques, politiques et financières ,mais que fait-on des Européens ? Pour gagner la paix et la prospérité européennes , n'est- il pas nécessaire ,avant tout,de créer "l'Europe des cœurs" pour effacer méfiance et préjugés ? 

Il faut donc que les douze peuples de la communauté se comprennent intimement. Or ,l'Europe de la CEE (de 1989) ( République fédérale d'Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas ,France, Luxembourg,Royaume-Uni, Danemark ,Irlande , Grèce , Espagne et  Portugal ) est riche de neuf langues ( l'Anglais , l'Allemand , l'Italien, le Français ,le Danois , le Portugais , l'Espagnol,le Grec et le Néerlandais ), de neuf cultures irremplaçables .Il est facile ,aussi bien dans les discours que sur le papier ,d'affirmer qu'une langue véhiculaire aplanira les difficultés linguistiques .Sans doute les technocrates n'auront -ils aucun mal à se comprendre ,eux qui travaillent froidement à coups de chiffres et de manipulations d'ordinateurs .
Si les États-Unis d'Amérique ont pu réaliser l'union, de Los Angeles à Philadelphie ,si tous les habitants des USA pensent et sentent dans la même langue ,il n'en va pas de même des Européens .La sensibilité italienne est différente de la néerlandaise,la pensée d'un Français n'est pas la même que celle d'un Grec ,et les réactions affectives d'un Allemand sont éloignées de celles d'un Portugais .
Miguel de Unamuno a écrit que "la langue est le sang de l'esprit ". Demandons à nos compatriotes linguistes combien de temps leur a été nécessaire pour pénétrer les arcanes des peuples dont ils étudient les langues ? Et ,parmi nos hommes politiques , combien sont parfaitement bilingues ou trilingues ,combien de nos députés européens sont capables de s'entretenir -sans interprète ou sans traduction simultanée - avec un député danois ou un parlementaire italien ?
On nous démontrera,bien entendu ,que le problème est mal posé et qu'une langue véhiculaire fera bien l'affaire . Acceptons-en l'augure ,mais l'eau coulera encore longtemps sous les ponts de la Loire ,du Rhin et de l'Ebre avant que le cultivateur beauceron puisse discuter -sans intermédiaire- des problèmes agricoles avec un paysan calabrais . Car c'est bien de cela qu'il s'agit : compréhension directe entre les hommes exerçant le même métier .
Une langue véhiculaire est toujours artificielle ,alors qu'une langue maternelle est faite non seulement de sons,mais aussi d'attitudes et recouvre un art de vivre qui la rend intime,profonde, incomparable. L'exemple de l'URSS ,où le Russe est la langue véhiculaire de trente trois peuples parlant des langues aussi différentes que l'Arménien , l' Estonien ,le Yakoute ou le Moldave , n'est pas concluant .En dépit des efforts du pouvoir central ,depuis soixante-douze ans ,derrière chaque langue apparaît un nationalisme peut-être désuet mais toujours présent .(on se souvient que quatre mois et demi après l'écriture de cet article , se produisait la chute du mur de Berlin - 9 novembre 1989 - qui annonçait la mort prochaine de l'URSS et du communisme .Sans aucun doute , les divers nationalismes qui étaient toujours vivants dans les nations sous le joug de l'URSS ont joué un rôle primordial et moteur dans la revendication d'indépendance de ces nations ...)

L'anglais est la langue, fréquemment citée ,pouvant devenir le véhicule des idées dans l'Europe de demain . On remarquera ,cependant ,que l'anglais est la langue d'un pays qui a montré bien des réticences à s'intégrer dans le concert des peuples de notre vieux continent et qui a mille affinités avec les USA dont nous cherchons à nous démarquer économiquement parlant .
Chacune des douze nations voudra garder sa langue et sa culture.On cite volontiers l'exemple de la Confédération helvétique que l'on a comparée à une petite communauté européenne avec ses quatre langues : allemand ,français, italien et romanche .
J'aimerais rapporter ce qu'écrit Claude Torracinta dans la préface de son livre : "La Suisse aux quatre langues"(édition française,Editions Zoé, Genève 1985 ,page 9 ):
"dans un pays où l'histoire offre vingt-cinq versions différentes et où l'unité nationale se fonde sur un enchevêtrement subtil de multiples rapports majorité-minorité qui se complètent et s'annulent, la frontière des langues constitue une barrière souvent difficilement franchissable. Disons le clairement,la majorité des Suisses ne se comprennent pas ou mal ". Mais l'auteur continue, nuançant son propos :
"Oui, nous nous comprenons mal. Et le miracle ,c'est que ,malgré cela ,nous ayons réussi à vivre ensemble et à nous entendre depuis si longtemps ."
Pourtant, il ne manque pas de faire preuve d'un certain pessimisme... "si cette diversité linguistique a été une chance et même une richesse pour la Suisse ...la question se pose de savoir si elle ne deviendra pas un jour source de malentendus et de conflits ."
On objectera que la Suisse n'est pas la CEE et que les problèmes sont différents à Strasbourg et à Berne. Acceptons ,néanmoins,le fait que neuf langues et neuf cultures sont une richesse certaine pour l'Europe si elle sait éviter le piège de la prédominance du Matérialisme sur l'Esprit."
Jacques Alibert  - 22 juin  1989


La devise de l'Union européenne est :
 In varietate concordia ("Unie dans la diversité")




En lisant cet article ,on s'aperçoit que depuis 1989 , l'Europe a bien changé . 
Et l'un des plus importants changements est qu'en 27 ans ,la CEE est devenue l'Union européenne ,et que de douze pays , nous sommes passés à vingt-huit pays membres .
L'anglais est bien resté la langue véhiculaire ,c'était plus que prévisible , car quelle autre langue proposer ? Mais les citoyens de cette Europe se comprennent-ils vraiment tout à fait ou seulement à peu près,à travers une langue qui n'est la langue maternelle que des Anglais et des Irlandais ,population représentant seulement 1/7è de l'UE  ?

Un autre sujet qu'évoquait mon père était la compréhension directe entre les hommes exerçant le même métier ("Car c'est bien de cela qu'il s'agit : compréhension directe entre les hommes exerçant le même métier") : quelle réponse peut- on apporter aujourd'hui ,alors que nous sommes maintenant 28 pays formant l'Union européenne ?
Plus il y aura de pays et de langues , plus la compréhension entre les peuples sera difficile ...
 En reprenant la dernière phrase de l'article ,"acceptons ,néanmoins,le fait que neuf langues et neuf cultures sont une richesse certaine pour l'Europe si elle sait éviter le piège de la prédominance du Matérialisme sur l'Esprit" , on ne peut malheureusement que constater que le matérialisme a pris toute la place dans notre société .

Mon père était un rêveur , un idéaliste, il rêvait "d'une Europe des cœurs". Il avait peut-être raison, il fallait sans doute aller moins vite ,commencer à créer l'Europe des peuples avant de créer l'Europe du commerce ,des banques . Mais les peuples n'ont pas pouvoir de décider ,ils subissent ce que politiciens et autres puissants (banquiers, sociétés au
CAC 40...) décident pour eux .On s'aperçoit que ce qui est mis en place n'est pas toujours ce dont les peuples rêvent ,mais hélas matérialisme et profit sont aujourd'hui devenus les priorités de nos sociétés .

Cependant pour rester positive, je terminerai sur cette phrase de l'article :
"Acceptons ,néanmoins,le fait que neuf langues et neuf cultures sont une richesse certaine pour l'Europe ..." 

Alors avec 28 pays membres ,quelle richesse !
Aux peuples maintenant de continuer à prouver que ce sont justement leurs différences et leurs diversités culturelles et linguistiques qui permettent de tisser des liens .

Et c'est sans aucun doute le plus solide des ciments pour l'Union européenne .
 
 



http://www.touteleurope.eu/fr/histoire/dates-cles/les-elargissements/presentation/de-6-a-27-pays.html#c141934


mardi 29 mars 2016

Nooruse Aeg ( Le temps de la jeunesse) , un poème de Gustav SUITS



Gustav SUITS  (Võnnu 30 novembre 1883 – Stockholm 23 mai 1956) est l'un des plus grands poètes estoniens .
Cofondateur du groupe Noor-Eesti et promoteur dans son pays d'un modernisme influencé par le symbolisme européen, il exprima avec vigueur l'enthousiasme révolutionnaire de sa génération (le Feu de la vie, 1905), cultiva ensuite un lyrisme plus sombre et mélancolique (le Pays des vents, 1913), puis refléta les événements de son époque dans des poèmes engagés de facture expressionniste (Tout n'est qu'un songe, 1922). Ayant choisi d'émigrer en 1944, il exhala dans ses derniers vers sa nostalgie d'exilé et l'amertume causée par le destin tragique de l'Estonie (le Feu et le vent, 1950).


NOORUSE AEG
Aeg antud naerda, aeg antud nutta,
aeg antud pisaraid pühkida.
Aeg seatud elada, aeg seatud surra,
aeg musta mulla all magada.
Kuid mis on nooruse aeg ?
Ei ole see paastuda, ei ole see paluda,
ei vaimu närides närtsida :
see aeg on õitseda, aeg õnne maitseda —
ja armsa kaela ümber hakata.

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LE TEMPS DE LA JEUNESSE

Il y a le temps de rire et celui de pleurer,
le temps pour essuyer ses larmes.
Le temps fixé pour vivre et pour mourir,
et le temps pour dormir sous la terre noire.
Mais quel est le temps de la jeunesse ?
Ce n’est pas celui de jeûner ni de supplier,
ni de se faner en se fatiguant l’âme :
c’est le temps de fleurir, de goûter le bonheur 
et de s’accrocher au cou d’un être aimé.


Traduit de l’estonien par Antoine Chalvin



Sources
https://en.wikipedia.org/wiki/Gustav_Suits

http://www.litterature-estonienne.com/

jeudi 17 mars 2016

17 mars : Saint Patrick's Day



Le patron de tous les Irlandais est en fait né au Pays de Galles, à la fin de l'époque romaine, dans les années 380.
Enlevé par des pirates Scots (nom porté par les Irlandais au Moyen Âge, à ne pas confondre avec les Écossais), l'enfant est emmené en esclavage en Irlande où il devient gardien de cochons sur les pentes du mont Slemish, dans le comté d'Antrim. Il réussit à s'évader, retrouve ses parents puis gagne la Gaule. À Auxerre, auprès de l'évêque Germain, il reçoit la prêtrise.
Patrick obtient de revenir en Irlande pour convertir les païens. Il embarque pour l'île avec le titre d'évêque, avec quelques compagnons. Le trèfle à trois feuilles lui permet d'expliquer le mystère de la Trinité (trois Personnes - le Père, le Fils et l'Esprit-Saint - en un seul Dieu). La plante deviendra le symbole de l'île.
Infatigable dans son apostolat, Patrick doit affronter de nombreuses résistances, notamment celle des druides. Il meurt vers 461, à plus de 80 ans, sur la terre de Dichn où son tombeau devient aussitôt un lieu de pèlerinage.
Depuis lors, chaque année, le 17 mars, jour de sa fête, les Irlandais du monde entier ne manquent pas de célébrer sa mémoire... avec force chopines.



Vœux de la Saint Patrick

Puissiez-vous avoir
Une maison contre le vent
Un toit contre la pluie
L'amour d'une famille unie

Puissiez-vous toujours être entourés
De gens joyeux et d'éclats de rire
De tous ceux que vous aimez
Puissiez-vous avoir
Tout ce que votre coeur désire.



On associe le vert à la Saint Patrick, parce que c'est la couleur du printemps
et du trèfle, emblème de l'Irlande.
On dit que trouver un trèfle à 4 feuilles porte chance.
Une vieille légende dit également qu'il peut rompre le charme d'un mauvais esprit.
La tradition veut que l'on soit vêtu de vert pour fêter la Saint Patrick,
A certains endroits, les élèves peuvent pincer leur professeur,
si celui-ci n'est pas habillé de vert en cette journée. 



Sources :
http://www.coindespetits.com/stpatrick/stpatrick.html
http://www.herodote.net/almanach/jour.php?ID=2551




Paysages d'Irlande, sous le soleil ou les nuages, pour fêter cette St Patrick au son des musiques celtiques des 'Churfitters', de Carlos Nunez, et de Didier Squiban.

jeudi 10 mars 2016

14 mars en Estonie : anniversaire de Kristjan Jaak Peterson et Journée de la langue estonienne

 Kristjan Jaak Peterson Monument, Tartu, Estonia


Les drapeaux estoniens vont être une nouvelle fois sortis le 14 Mars pour célébrer la journée de la langue estonienne.

Parlée par environ 1,1 million de personnes, dont 950 000 vivant en Estonie, l’estonien est une langue de la branche fennique des langues finno-ougriennes. Ce groupe rassemble environ 40 langues parlées par plus de 20 millions de personnes dont les origines, il y a plusieurs milliers d’années, se situeraient dans le sud-est de l’Europe (autour des montagnes de l’Oural). Elle se rapproche du finnois et plus lointainement du hongrois.


Qui est Kristjan Jaak Peterson ? 


La figure tragique de de Kristjan Jaak Peterson (1801–1822) , emporté par la tuberculose à l’âge de vingt et un ans, ouvre l’histoire de la poésie estonienne moderne.
 Troisième enfant d’une nombreuse famille, il naît le 14 mars 1801 à Riga, où son père, originaire d’Estonie du sud, occupe la fonction de servant d’église. Il fait des études brillantes au lycée de Riga (1815-1818), où il se nourrit de littérature classique et cultive ses dons exceptionnels pour les langues. En janvier 1819, il entre à l’université de Tartu pour y étudier la théologie. Mais, insatisfait et peu désireux de se consacrer au pastorat, il s’oriente bientôt vers la philologie et la philosophie. Au printemps de 1820, il interrompt brusquement ses études, peut-être en raison de difficultés financières, peut-être aussi parce que son esprit indépendant et sa vaste intelligence se rebellent contre l’enseignement académique. Il retourne habiter Riga, où il mène durant deux ans une existence un peu bohème, vivant de leçons particulières et glissant lentement sur la pente de la boisson et de la maladie. Il meurt le 4 août 1822, laissant derrière lui quelques manuscrits qui témoignent de son génie précoce et singulier.
Son œuvre littéraire se réduit à peu de choses : une vingtaine de poèmes en estonien, écrits pour la plupart pendant ses années de lycée, un journal intellectuel, premier exemple de prose philosophique estonienne, et trois poèmes en allemand, publiés en 1823 dans une revue de Leipzig et redécouverts en 1961.
À un rationalisme hérité des Lumières, ses poèmes allient un sentiment de la nature dans lequel on perçoit l’influence de Klopstock et des pré-romantiques allemands. Dans ses odes philosophiques, Peterson proclame la grandeur de Dieu, mais surtout celle de l’esprit humain, créé à Son image et éternel comme Lui. Il y célèbre avec optimisme la raison, l’amitié, la beauté féminine, l’espoir, soulignant ses idées par des descriptions d’une nature grandiose et majestueuse (vallées rocheuses, brumes, cascades…). À ces images à la Caspar David Friedrich, caractéristiques de ses odes, répondent, dans ses pastorales dialoguées, des évocations paisibles de modestes paysages estoniens où chantent des bergers mélancoliques. Romantique, Peterson l’est aussi par son attachement au “peuple des campagnes” et à sa langue, qu’il exalte en des vers au ton prophétique.
Si ses pastorales sont écrites dans un mètre régulier, inspiré par celui des chansons populaires estoniennes, les vers de ses odes semblent n’obéir à aucune contrainte métrique, de sorte que certains historiens de la littérature n’ont pas hésité à les caractériser comme des “vers libres”. Voir en Kristjan Jaak Peterson un adepte du vers libre, au sens actuel du terme, est probablement excessif. Les faibles écarts de longueur entre ses vers (jamais plus de deux ou trois syllabes) et la répétition fréquente de certains schèmes accentuels contribuent en effet à créer, à l’écoute, l’impression d’une certaine régularité rythmique, même si celle-ci ne se laisse pas rigoureusement définir. Il n’en demeure pas moins que, dans ses odes en estonien (langue encore largement “innocente” en tant que véhicule de la poésie lettrée), Kristjan Jaak Peterson apparaît comme l’un des premiers poètes européens à s’être émancipé des règles de la versification (suivant en cela la voie ouverte par Klopstock avec ses “rythmes libres”).
Par leur liberté formelle et leur lyrisme, ces poèmes dépassaient de façon si radicale les écrits didactiques qui tenaient lieu alors de “littérature” estonienne qu’ils ne furent pas compris par ceux qui auraient pu les publier. Inconnu en son temps comme poète, Peterson exerça toutefois une influence sur la littérature ultérieure par l’intermédiaire de sa traduction allemande de la Mythologia Fennica du Finlandais Christfried Ganander. Estimant que la mythologie finnoise devait permettre de reconstituer la mythologie estonienne, il ajouta en effet à l’ouvrage des développements personnels sur les dieux des Anciens Estoniens, posant ainsi les premières pierres d’une pseudo-mythologie que d’autres se chargèrent ensuite de compléter et qui joua un rôle important dans le développement de la culture estonienne (inspirant notamment Friedrich Reinhold Kreutzwald pour la rédaction de l’épopée nationale Kalevipoeg).
Oubliés dans les archives, ses poèmes n’ont été découverts et publiés qu’au début de notre siècle grâce aux écrivains néo-romantiques du groupe Noor-Eesti (“Jeune-Estonie”). Ce sont eux (et en particulier leur chef de file, le poète Gustav Suits) qui ont donné à Kristjan Jaak Peterson sa véritable place : celle d’un “précurseur” de génie, qui pressent et annonce, dans l’indifférence absolue de son époque, la naissance de la littérature estonienne.



 


Sources
http://en.wikipedia.org/wiki/Kristjan_Jaak_Peterson
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kristjan_Jaak_Peterson
http://www.estonie-tallinn.com/2011/03/14-mars-anniversaire-de-kristjan-jaak.html