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dimanche 12 novembre 2017

Les échanges commerciaux entre le pays guérandais et les "mondes" nordiques .




C'est en faisant des recherches sur François Guillemot de la Villebiot , aide de camp du tsar Pierre le Grand , que j'ai découvert un site qui parle des échanges commerciaux entre le pays guérandais et les mondes nordiques de la fin du Moyen-Âge aux Temps modernes.( je n'ai pas retrouvé ce site ,il ne doit plus exister)
Cela se passait aux temps lointains où Tallinn s'appelait Reval , et où elle faisait partie de la ligue hanséatique .


Qui sont ces mondes nordiques ?


Il s'agit de l'ensemble des pays d'Europe situés au nord de l'Allemagne et de la Pologne et à l'ouest de la Russie, qui, après avoir été longtemps séparés de nous par des frontières quasi-infranchissables (dont le "rideau de fer" de 1945 à 1990), se retrouvent depuis une quinzaine d'années dans un même espace géopolitique, qu'ils soient membres de l'Union Européenne et de l'OTAN ou associés. 
Ces pays partagent tous désormais avec nous les mêmes valeurs de démocratie et de liberté. Mieux les connaître, c'est mieux connaître l'Europe qui est devenue notre patrie commune et qui joue un rôle toujours plus grand dans notre vie quotidienne.
À travers la littérature et les livres, nous continuons ainsi de resserrer nos liens culturels avec des pays et des peuples que nous ne connaissons pas assez et avec lesquels la Bretagne et en particulier le pays guérandais ont eu autrefois des relations suivies, principalement grâce au sel.

Au Moyen Âge, le sel ( l'or blanc) faisait l'objet d'un commerce intensif . Chaque année , des flottes immenses appareillaient des ports de la Baltique pour naviguer vers le sud et jeter l’ancre près des côtes dans la baie du sud de l’estuaire de la Loire, face à Noirmoutier ou plus bas dans les parages de l’île de Ré, à Saint Martin, ou dans l’estuaire de la Seudre ou à Brouage. Ces navires descendaient parfois plus au sud dans les salines espagnoles ou portugaises. 


Il y a eu pendant plusieurs siècles, de la fin du Moyen Âge aux Temps modernes, le transport et la vente du sel de la baie de Bourgneuf et de la presqu'île guérandaise dans les pays riverains de la mer du Nord et de la mer Baltique, longtemps sous l'égide de la puissante Ligue Hanséatique.
Ce n’est qu’en 1369 que de petites quantités de sel breton apparaissent pour la première fois dans les registres douaniers de Hambourg. Un véritable courant commercial vers la mer Baltique ne s’instaura qu’à la fin du XIVe siècle, d’abord à l’initiative des gens de Hambourg, puis de négociants de Livonie et enfin de ceux de Lübeck , tous intéressés par cette nouvelle source d’approvisionnement à la fois bon marché et de bonne qualité.

Dans son livre sur "Le commerce maritime breton à la fin du Moyen Âge" (Paris, 1967), Henri Touchard a écrit : "Marins et marchands des mers nordiques s’intéressent, en Bretagne surtout, à la baie de Bourgneuf, pour laquelle s’ouvre un siècle de prospérité, malgré les multiples conflits qui opposent les différentes nations qui la fréquentent."

En 1408, 24 ou 25 grosses hourques ( bateaux de transport à fond plat en usage dans les mers du Nord), sont ancrées au Collet, malgré l’effacement momentané des Hanséates qui ne reparaissent qu’en 1409 après la liquidation de la crise avec l’Angleterre.

Chaque année à Reval (Tallinn, capitale de l'Estonie), les navires arrivant de la Baie sont plus nombreux. De 1427 à 1433, ils forment près de 36% du trafic et amènent annuellement 2 500 last de sel, 83% du total. ( le last a été l'unité de tonnage de la mer du Nord pendant plusieurs siècles. En Hollande au 18e siècle : 1 last = 4000 liv. 1 tonne = 2000 liv.)
Au 15ème siècle, plus de 100 cargaisons de sel sont arrivées dans le port de Tallinn. Il était transporté sans emballage à l'intérieur des navires . Une fois le sel arrivé à destination , il était rapidement chargé dans de plus petits bateaux qui le transportaient sur la rive. Ensuite, les voitures emportaient le sel vers la maison de pesage (Vaekoda) sur la place de la mairie (Raekoda Plats) où il était écrasé, pesé et divisé en petits sacs. La plupart étaient vendus à Novgorod (Russie) , en Finlande et en Suède.
Le bénéfice obtenu à partir du commerce du sel était investi dans les murs et les maisons de Tallinn. C'est la raison pour laquelle il y a un dicton à Tallinn qui dit : "Tallinn est une ville construite sur le sel" - "Ongi Tallinn soolale ehitatud linn."


En 1438, la flotte hanséatique de la baie compte 34 navires et en 1442 Reval avec 59 navires de sel, atteint le total le plus haut du siècle.
Toutes les villes hanséatiques participent au trafic : les Hambourgeois arrivés les premiers ont été rejoints par les marins de Lübeck qui, en 1442, assurent l’essentiel du trafic de Reval et ceux de Wismar et des ports prussiens et livoniens. 
Sur 1 700 navires entrés dans le port de Reval entre 1426 et 1496, 1 216 transportaient du sel breton et près du tiers venaient directement de la baie de Bourgneuf. 
Les historiens estiment à environ 5 000 tonnes la quantité de sel breton qui transitait alors par le Sund, c’est à dire le détroit situé entre le Danemark et la Suède. Des marchands de Riga venaient prendre le sel à Reval pour le revendre à Dorpat (Tartu en Estonie)  et à Narva (Estonie).
Le transport et le négoce du sel furent très longtemps le quasi-monopole des Hanséates et les navires bretons ne jouaient qu’un rôle de “rouliers” c’est à dire de transporteurs pour le compte d’armateurs le plus souvent étrangers.
Le premier navire breton à se risquer dans la Baltique n’est signalé qu’en 1535. Il ne put donc y avoir d’échanges directs entre des marins et commerçants bretons avec des habitants des villes baltes recevant du sel de la Baie, comme Reval, et encore moins avec les marchés russes de Novgorod, Smolensk et autres, où étaient présents des Hanséates.

Dans la seconde moitié du XVe siècle, on assiste à un déclin des Baienfahrten( = convois de navires). “De 1479 à 1483, 37 navires chargés de sel de la Baie entrent en moyenne à Reval, après 1484, 20, et certaines années, comme en 1485 et 1493, aucun arrivage n’est signalé.
Certes les difficultés politiques s’accumulent : les Hanséates subissent tous les contrecoups des guerres et sont la cible aussi bien des pirates anglais que danois, espagnols ou français. Même avec la Bretagne, malgré le sauf-conduit de sept ans que François II leur accorde le 15 avril 1477, le traité de commerce qu’il signe en janvier 1479 et la paix de dix ans que conclut en son nom Antoine Baudin à Bruges, les relations ne sont pas sans heurts.”

L'exportation de sel breton vers les pays nordiques a continué encore, modestement, jusqu'au XIXe siècle, et on en a un témoignage dans la littérature. 
Dans son roman Béatrix, publié au printemps de 1839 dans le journal Le Siècle, Honoré de Balzac (1799 - 1850)  fait dire à un de ses personnages : "... Vous m'avez tant parlé des difficultés de la route que je vais essayer d'arriver au Croisic par mer. Cette idée m'est venue en apprenant ici qu'il y avait un petit navire danois déjà chargé de marbre qui va y prendre du sel en retournant vers la Baltique..." 
On sait que Balzac séjourna au Croisic et à Guérande en juin 1830 et cette évocation du passage d'un navire danois est certainement liée à un souvenir personnel.


Le sel n'a pas été la seule marchandise voyageant par mer entre la Bretagne et les pays nordiques.
Il y a eu les graines de lin importées des régions baltiques jusqu'à la fin du XIXe siècle pour la culture de cette plante textile (dont les graines dégénéraient en Bretagne); il y a eu la rogue ( appât à base d'œufs de poissons salés ) utilisée par les marins-pêcheurs bretons; il y a eu, jusqu'à aujourd'hui (sur la zone portuaire de Nantes Cheviré), l'importation des bois du nord; il y a eu la pénétration de capitaux scandinaves dans l'industrie bretonne (comme le rachat de la firme nantaise Clergeau par le groupe Svenska Cellulosa)...


J'ai retracé ici (en recopiant ce que j'ai lu sur divers sites ) une toute petite partie de l'Histoire du commerce de l'or blanc entre le Pays guérandais et les "mondes nordiques" .
Le sel , denrée si précieuse au moyen-âge , qui pouvait servir de monnaie d'échange , de salaire , était aussi utilisé pour la conservation et le salage des poissons (hareng , morue, etc..). L'importance du sel dans la conservation des aliments était essentielle à cette époque .
Les Romains, eux,  avaient créé une sauce, le garum, constituée de poisson fermenté et séché au soleil avec du sel.
Une «via salaria» (une route du sel) traversait une partie de l'Europe et servait à alimenter marchands et commerçants de l'époque, tandis que les gestionnaires de ce commerce (salari) étaient payés d'une allocation en sel, le salarium (d'où est issu notre «salaire» d'aujourd'hui). 


Et n'oublions pas la gabelle (impôt sur le sel) qui , de tous les impôts de l'Ancien Régime fut un des plus mal aimés ,car il était de tous le plus injuste .
Mise au point par Philippe VI (ordonnances de 1341 et de 1343), elle ne cessa d'être perfectionnée jusqu'à la Révolution, qui l'abolit. 


Pourquoi un impôt injuste?



Par exemple, dans certaines provinces frontalières du Nord et du Sud-Ouest ainsi qu'en Bretagne, la gabelle n'existait pas . Très faible dans le Cotentin,  c'était en fait un prélèvement de 25 p. 100 sur les producteurs, les 75 p. 100 restants faisant l'objet d'un commerce libre (régime du « quart-bouillon »).
Il y avait aussi les pays rédimés (une partie du centre et du centre-ouest du royaume), où l'impôt était léger . En résumé , on voit que la France était partagée en six circonscriptions où le prix de la livre de sel (488 g) allait, vers 1780, d'un denier à treize sols (156 deniers).


Conclusion  


Le sel ,en permettant la conservation des aliments a rendu possible les grandes expéditions lointaines. 
C'est une denrée essentielle à la survie de l'Homme qui a su s'en servir au cours de l'Histoire comme monnaie d'échange ou de paiement.
On fait remonter l'origine de sa découverte au premier âge de fer et dans la plupart des civilisations, il a joué un immense rôle commercial et économique .




http://www.ledevoir.com/loisirs/alimentation/3070/fleur-de-sel-les-cristaux-d-or-blanc



Un autre article intéressant :

dimanche 6 août 2017

Le 7 août 1932 , "Holodomor" ,Grande famine et génocide ukrainien




L’Holodomor est le nom donné au génocide par la famine qui s’est produit en Ukraine en 1932 et 1933. Quelque 10 millions d’Ukrainiennes et d’Ukrainiens ont péri alors, victimes de la famine provoquée sous le régime de Joseph Staline. Au paroxysme de la famine, 25 000 personnes mouraient chaque jour.
 
« Holodomor », un mot ukrainien qui signifie « fléau de la faim » ou « mort infligée par la famine », a été créé par la fusion des mots holod (en ukrainien, la faim, la famine) et moryty (tuer - par privations -, affamer, épuiser) . Ce terme prête à cette famine un aspect intentionnel. 
L'événement se produisit dans le contexte plus général des famines soviétiques de 1931-1933, mais le nombre particulièrement élevé de victimes et les caractéristiques de la famine ukrainienne lui confèrent, selon certains, une spécificité.

Le Jour commémoratif de l’Holodomor a été institué le quatrième samedi de novembre.
 Sources :  
http://www.citizenship.gov.on.ca/french/citizenship/holodomor.shtml
http://fr.wikipedia.org/wiki/Holodomor



C'est le 7 août 1932 que l'URSS promulgue une loi qui punit de dix ans de déportation, voire de la peine de mort, «tout vol ou dilapidation de la propriété socialiste», y compris le simple vol de quelques épis dans un champ.

Cette loi, dite «loi des épis», survient alors que les campagnes soviétiques connaissent un début de famine du fait des réquisitions forcées par le pouvoir. Elle va considérablement aggraver la situation des paysans et l'on estime qu'en Ukraine, six millions d'entre eux vont mourir de faim dans les mois suivants.
Cette «Grande famine», intentionnellement entretenue et amplifiée par Staline , maître tout-puissant de l'Union Soviétique, est assimilée à un génocide par la plupart des historiens ainsi que par les Ukrainiens. Elle est connue sous le nom d'«Holodomor»(«extermination par la faim» en ukrainien).


"La question de savoir si le Holodomor constitue ou non un génocide reste âprement débattue. Fin 2006, l'Ukraine a officiellement qualifié le Holodomor de génocide, qualification reconnue par un certain nombre de pays dont les États-Unis. 
Le caractère génocidaire de cette famine est cependant contesté par le Kazakhstan et la Russie, qui arguent notamment que l'Ukraine n'a pas été la seule république touchée, et n'est pas reconnu par l'ONU. Pour le Parlement européen, le Holodomor est une famine provoquée, qu'il qualifie de "crime contre le peuple ukrainien et contre l'humanité."


Monument commémoratif de l'Holodomor en Ukraine







À ce jour (2011),24 pays ont reconnu Holodomor 
comme génocide






 Suite aux commentaires que j'ai reçus - je vous en remercie tous vivement - je vais donner les liens qui m'ont été communiqués dans ces commentaires pour que vous tous qui lisez cet article ,puissiez directement y accéder en cliquant sur ces liens :


1) Portail ukrainien d'information au Québec ; on y trouve l'analyse du génocide ukrainien , des documents et des témoignages , et un documentaire : La famine inconnue , le film dure 30mn .
Le documentaire télé La famine inconnue, diffusé par Radio-Québec (aujourd’hui Télé-Québec) le 16 avril 1983 était le premier film au Canada (et peut-être au monde) entièrement consacré au génocide ukrainien. Ce documentaire en français, produit par Radio-Québec pour sa série d'émissions Planète, a été doublé plus tard en ukrainien et anglais.


2)
Un site , Ukraine 33 ,créé en 1987, dont le Comité travaille sur les témoignages, les rencontres, les suites, les recherches d'historiens.  
http://ukraine33.free.fr


jeudi 13 juillet 2017

"Le 14 Juillet pour les nuls" ou que commémore-t-on exactement pour notre Fête Nationale ?

 

14 juillet : Fête Nationale française
ou
le 14 Juillet 1790 

Quand je pense au 14 juillet , je ne peux m'empêcher de me rappeler ce que m'avait raconté mon père il y a bien longtemps (dans les années 80 ) .
Le journal régional de la région Poitou-Charentes ,qui s'appelait FR3 à l'époque , avait fait un reportage la veille du 14 juillet , interrogeant la population sur ce que représentait pour eux le 14 juillet . Mon père avait entendu certains répondre (plutôt des jeunes ) qu'ils ne savaient pas ou avaient oublié . D'autres disaient que c'était la Fête Nationale ,mais n'en connaissaient pas l'origine .
C'est pour cette raison que j'ai décidé d'intituler ce billet le "14 juillet pour les nuls" , car je me dis qu'il y a certainement encore quelques personnes qui ne savent pas l'origine exacte du 14 juillet ... ou qui l'ont oubliée .

Voici donc l'Histoire , car c'est bien de notre Histoire de France qu'il s'agit . J'ai trouvé ces quelques lignes en recherchant des éléments sur cette période très importante de notre Histoire de France :

"Le 14 juillet , on ne commémore pas ,comme certains le pensent la prise de la Bastille : la République célèbre la Première Fête de la Fédération, qui eut lieu le 14 juillet 1790.
La Fête de la Fédération eut lieu le 14 juillet 1790, pendant la Révolution française, un an jour pour jour après la prise de la Bastille. Les fédérés défilèrent avec leurs tambours et leurs drapeaux ; ils étaient 100 000, y compris ceux de Paris. Les Parisiens prirent place sur les talus que l’on avait élevés autour de l’esplanade. Louis XVI arriva de Saint-Cloud et prit place dans le pavillon dressé devant l’École militaire. La participation de la foule fut immense, très enthousiaste, malgré le mauvais temps. La messe est célébrée par Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun. La Fayette, en grand uniforme, arriva sur un cheval blanc et monta sur l’estrade. Louis XVI prêta serment à la Nation et à la loi, la multitude le répéta et l’on entonna un Te Deum , puis on se sépara au milieu des embrassements et des vivats dont beaucoup s’adressaient à Louis XVI.
C’est le 6 juillet 1880 que le 14 juillet devint officiellement jour de la Fête nationale française, sur proposition du député Benjamin Raspail, en mémoire de la fête de la fédération. »

Quant à la prise de la Bastille, les historiens de tous bords s’accordent sur un point : elle fut tout sauf glorieuse.

Ci-dessous, un article très intéressant de François Brigneau, paru dans le Libre Journal de la France Courtoise, n° 299, du 22 juillet 2003 :
"Contrairement à ce que croit la majorité des Français, le 14 juillet n’est pas la fête de la France. En choisissant cette date anniversaire de la prise ou, plus exactement, de la "surprise "de la Bastille, le Nouveau Régime ne fête que son imposture originelle. Il célèbre une falsification historique. Il glorifie un crime de guerre civile.
La Bastille n’était pas le symbole de l’oppression royale qu’en ont fait les historiens de la République. Elle servait peu, et rarement contre le peuple. De 1782 à 1789 on n’y compta, en moyenne, que douze prisonniers par an, tous ou presque nobles ou bourgeois. Le 14 juillet 1789, il ne s’en trouvait que sept : quatre escrocs à la fausse lettre de change ; un Irlandais enfermé pour démence depuis sept ans ; un autre fou, embastillé depuis 1759, et le comte de Soulages que son père fit incarcérer pour « crimes atroces et notoires ».
A l’origine, la Bastille était une des portes de Paris, la porte Saint-Antoine, chargées de défendre la ville. Huit tours rondes, hautes de quatre et cinq étages, en faisaient une forteresse. Devenue prison, elle conserva son gouverneur et sa garnison. En 1789, celle-ci était forte de 127 hommes, occupés surtout aux services. Quinze canons, placés au faîte des tours, servaient à tirer des salves et ne pouvaient braquer en bas. Placées à l’entrée, trois pièces de campagne rappelaient la vocation première de la Bastille. Enfin, la troupe disposait de douze fusils de rempart, du modèle dit « amusettes du comte de Saxe» , dont six avaient rendu l’âme. Bref, rien qui pût inspirer une haine farouche entraînant l’insurrection.
La Bastille comptait si peu dans le système répressif du gouvernement du roi que sa démolition était décidée. Le sieur Corbet, inspecteur de la Ville de Paris, avait déjà dressé le plan de la place Louis XVI qui devait lui succéder. On peut le voir au musée Carnavalet.
Lors de l’assaut dont l’héroïsme continue, après deux siècles, à faire l’admiration des foules, la puissance de feu de la garnison ne s’exprima que par un seul coup de canon. Il n’y eut pratiquement pas de combat. Beaucoup d’assaillants succombèrent en tombant dans les fossés, poussés par l’enthousiasme et la boisson. D’autres se tuèrent par maladresse. La Bastille se rendit quand les canons de l’émeute furent pointés sur la porte d’entrée. Croyant à la promesse qu’il ne serait fait aucun mal à la garnison, M. de Launay, le gouverneur, donna les clés du petit pont-levis.
Aussitôt c’est la ruée. La populace envahit la cour intérieure. Deux invalides – soldats que l’âge et les blessures avaient rendu inaptes aux armes – sont tués. L’un est transpercé de coups de sabres et de piques. L’autre est pendu. Trois officiers sont assassinés. Dans le mouvement, la meute hurlante entraîne M. de Launay vers l’Hôtel de Ville. J’ai toujours une pensée émue pour lui quand je vais manger des solettes et boire une bouteille de chablis au « Dôme Bastille» . C’est à qui lui portera des coups de poings, de pieds, de bâtons, de crosses, de piques. Le malheureux perd son sang par vingt blessures. Le sang excite toujours la canaille. Un patriote, encore plus patriote que les autres, prend son courage à deux mains. Il lui décolle la tête du tronc, l’embroche à la pointe d’une pique et la montre à la foule, dans les clameurs.
Trois jours durant, la tête de ce pauvre M. de Launay fut promenée dans Paris, au-dessus d’un écriteau où l’on pouvait lire « M. de Launay, gouverneur de la Bastille, traître et parjure au Peuple» . En 1989, au cours des festivals du Bicentenaire, on se demande pourquoi nous n’avons pas eu droit à la reconstitution de cet épisode. Les intermittents du spectacle n’auraient pas fait grève. En émeutiers, ils auraient montré une sincérité bouleversante.
Convenons cependant qu’il n’y avait pas de quoi faire une fête nationale."
 

François Brigneau




Bon 14 juillet à tous !











source : http://fr.novopress.info/111157/la-prise-de-la-bastille-par-francois-brigneau/

vendredi 30 juin 2017

La nuit du 23 au 24 juin ,c'est Jaanipäev : la tradition des feux de la Saint-Jean en Estonie




Jaanipäev (le jour de St Jean) ou Jaaniõhtu (la soirée) ou encore Jaanilaupäev a en Estonie une importance toute particulière puisque ce jour est avec Noël le plus important de l'année.

Depuis toujours, dans les pays nordiques, la Saint-Jean se trouve être le point culminant de l'année et l'Estonie ne fait pas exception à la règle.
Le court été avec ses longues journées et ses nuits quasi-inexistantes a une signification très spéciale. Jaanipäev est célébré la nuit du 23 au 24 Juin, quelques jours seulement après le solstice d'été.

La fête de la Saint-Jean est l’une des plus importantes fêtes pour les Estoniens. On y allume de nombreux feux et la légende raconte que les jeunes filles peuvent deviner ce soir là le nom de leur futur mari .
La St Jean est une véritable survivance païenne marquant le début de l'été. C'est l'occasion pour de nombreux Estoniens de prendre une semaine de congés.Le 23 au soir, ils quittent les villes pour rejoindre la campagne , les lacs ou le bord de mer où ils possèdent souvent une petite maison de vacances (suvila).

De grands feux de joie sont allumés, autour desquels on danse, on chante, on boit.
Les plus téméraires sautent à travers les flammes , une manière de se débarrasser des mauvaises vibrations.
La nuit à peine couchée, voilà le jour qui se réveille. Il est temps de parcourir la campagne à la recherche de la mythique fleur de fougère qui ne fleurirait que cette nuit et qui porterait chance à quiconque la trouverait : un gage de chance pour l'année à venir.

Si vous voulez en savoir plus sur l' Histoire de la St Jean, lisez ce qu'en dit l'auteur de ce blog "Estonie-Tallinn" , vous y trouverez la signification de cette belle fête, l'une des fêtes les plus importantes pour les Estoniens .


Pour les amateurs de nouvelles ,en voici une de Juhan JAIK ,écrivain estonien(1899-1948) : "la nuit de la Saint Jean"

Cette nouvelle est tirée d'une vieille légende estonienne qui narre l'histoire d'une colline -Suur Munamägi - qui devient chauve puis se remplume et d'un vieux démon plutôt sympa en définitive.

Elle commence ainsi :

"Il y a bien longtemps qu’advint cette étrange nuit de la Saint-Jean : si longtemps, que même le vieillard centenaire qui vit dans sa cahute rectangulaire au pied de la colline de Munamägi, même lui ne sait rien répondre d’autre à qui le questionne sur cet événement, que : « Je ne m’en souviens pas, je ne me souviens de rien."
...
Pour lire la suite , cliquez ICI





Sources
http://www.lonelyplanet.fr/destinations/europe/estonie/culture-et-histoire/culture

http://www.routard.com/guide/estonie/2287/traditions.htm 


http://www.litterature-estonienne.com/Jaiknuit.html

jeudi 22 juin 2017

Le 23 juin en Estonie, c'est Võidupüha (Victory Day ou Jour de la Victoire)

Monument de la Guerre d'Indépendance (Vabadussõja võidusammas ) sur Vabaduse Väljak 
Photo  http://www.estonie-tallinn.com/ (avril 2011)



Võidupüha or Victory Day is an Estonian public holiday, which has been celebrated on 23 June every year since 1934 until 1939 and after the restoration of Estonian independence from 1992. Victory Day recalls the decisive battle during the War of Independence in which the Estonian military forces and their allies defeated the German forces who sought to re-assert Baltic-German control over the region. Today, Võidupüha also marks the contributions of all Estonians in their fight to regain and retain their independence.
Võidupüha is an Important National Day for all who have supported Estonia's Quest for Independence.










Võidupüha ou Jour de la Victoire est un jour férié en Estonie .
Cette fête Nationale a été célébrée chaque 23 juin de 1934 à 1939 .
Après la longue interruption causée par l'occupation soviétique ,ce jour est de nouveau fêté depuis 1992 ,suite à la restauration de l'indépendance de l'Estonie en 1991.

Le Jour de la Victoire rappelle la bataille décisive duranla Guerre d'Indépendance de l'Estonie (1918-1920) ,dans laquelle les forces estoniennes militaires et leurs alliés ont vaincu les forces allemandes qui cherchaient à reprendre le contrôle sur les régions de la Baltique .
Võidupüha marque également la contribution de tous les Estoniens dans leur lutte pour retrouver et garder leur indépendance.
Võidupüha est une fête Nationale importante pour tous ceux qui ont soutenu la quête de  l'Estonie pour son indépendance .


Cette fête Nationale commémore la victoire de l'armée estonienne sur les troupes allemandes en 1919


Võidupüha (Victory Day)- 23 June

 













Source
http://www.theapricity.com/forum/showthread.php?t=16732

mercredi 14 juin 2017

En Estonie ,triste rappel de la journée de l'infamie : 14 juin 1941




Le 14 juin est la journée commémorative d'une des plus importantes tragédies nationales en Estonie : le 14 juin 1941 ,eut lieu la déportation en Sibérie de 10000 Estoniens .

Les drapeaux sont en berne de 8h00 à 22h00.





Cette répression qui a culminé dans la nuit du 13 au 14 Juin 1941 a touché non seulement l'Estonie ,mais aussi la Lettonie et la Lituanie . Ce jour-là, 10 000 Estoniens, plus de 15 000 Lettons et près de 23 000 Lituaniens sont déportés en Sibérie .





Déportations de masse en Estonie



Le dessin ci-dessus a été fait par Hilda Orn,qui était une adolescente lorsqu'elle fut déportée avec sa famille . Son père , ingénieur ,mourut l'hiver qui suivit leur déportation .Elle, sa soeur et sa mère ne furent pas autorisées à quitter le camp où elles étaient détenues avant 1956 !


En 2000 , est paru le livre-souvenir de Hilda Orn  :  "Ka see oli elu" ( "This was life too")



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Lithuanians deported to Russia on June 14th, 1941, in railway cattle cars. [Lithuanians in the Arctic Region, Kaunas, 2000, 109 pages., p. 47.; in Lithuanian, English and Russian.]
We, Estonians, were transported to places of settlement in exactly the same conditions: an average of 22 (even 19 in March, 1949) people together with their personal belongings in one two-axle railway car (in a four-axle railway car, which was roughly about 2 two-axle cars in size, there could be up to 40-46 people).



Lithuanians deported to Russia on June 14th, 1941, at the Lena River Delta in Trofimovsk. (Lithuanians in the Arctic Region)


  


Islanders taken to Russia for lifelong forced settlement in cattle cars of the deportation train, 1941. This drawing was made already in 1941 on soft brownish paper. Every person depicted on this image was a familiar fellow-prisoner .



Ces photos sont tirées du site " Okupatsioonide Muuseum " (Musée des Occupations) de Tallinn . Pour voir les autres photos et lire cet article parlant de la première période de déportation en Estonie et dans les États baltes , cliquez ICI .

On trouve aussi sur ce site un mémento très émouvant de photos de personnes qui avaient été désignées pour être détruites pas les communistes .

Si vous allez à Tallinn , ne manquez surtout pas de visiter cet émouvant et très intéressant Musée des Occupations , vous trouverez la localisation de ce musée  ICI .


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  Pour terminer ce post , voici un extrait du "Courrier de Russie" du 17 juillet 2009 ,relatant ce dramatique épisode commun aux trois États baltes :

"C’était la fin des années 1950, et l’Estonie n’avait encore pansé aucune de ses plaies. La toute première blessure, la plus douloureuse, datait de l’été 1940 quand, conformément aux protocoles secrets du pacte germano-soviétique, l’URSS avait introduit ses troupes dans les pays baltes et renversé leurs gouvernements. Tous les mécontents avaient dû prendre le train pour le Grand Nord. Au petit matin du 14 juin 1941, 10 000 Estoniens ont été tirés de leurs lits et envoyés, dans des wagons à bestiaux, sur la grande route des chantiers du Goulag (pour les hommes) ou en exil sibérien (pour les femmes et les enfants)."

 

dimanche 28 mai 2017

Fête des mamans , quelle sont les origines de cette fête ?




La fête des Mères est une fête annuelle célébrée dans de nombreux pays. Elle célèbre les mères, la maternité, leur dévouement mais c'est surtout une journée qui a pour but de leur montrer notre reconnaissance et notre amour.



 Origine de la fête des Mères


Au printemps, dans la Grèce antique, on fêtait la mère des divinités Rhéa. La première mère célébrée en Phénicie et dans tout l'empire romain serait Cybèle.
Puis , au Vè siècle avant Jésus Christ , les Romains fêtaient Matralia ou Matronalia en l'honneur des femmes et des mères qui se rassemblaient dans un temple afin de recevoir des cadeaux et de l'argent. Ces coutumes furent rapidement enterrées par la religion catholique .







Petite histoire outre-Atlantique

Aux États-Unis, c'est à Anna Jarvis (1864-1948) qu' il revient d'avoir mis tout en œuvre pour instituer une journée consacrée aux mamans, suite au chagrin provoqué par la mort de sa mère le deuxième dimanche du mois de mai 1907. A partir de 1911, la fête des Mères est une fête civique célébrée dans la plupart des états américains. C'est en 1914 que le président Woodrow Wilson, officialise la fête des Mères dans tout le pays, fête qui a lieu le deuxième dimanche du mois de mai.
Aux États-Unis ,la tradition veut que l'on offre des cartes de vœux et une grasse matinée... Le petit déjeuner au lit est de rigueur. 









Quelques dates en France


D’abord une fête de la natalité 

Ce n'est qu'au XIXè siècle que la fête voit le jour en France, grâce à Napoléon. Ce dernier évoque alors la création d'une fête des mères officielle, que l'on célèbrerait au printemps.
En 1897, l'Alliance Nationale contre la dépopulation lance alors une idée : une fête des enfants, mettant en avant l'importance de la fécondité et les vertus de la famille.
C'est à l'Union Fraternelle des Pères de Famille Méritants d'Artas que l'on doit pourtant la toute première célébration des mères. Le 10 juin 1906, l'Isère met alors les mères à l'honneur, récompensant les plus méritantes, le tout dans une véritable ambiance de fête, comme l'attestent les défilés dans les rues décorées.
1914-1918: lors de la Première Guerre mondiale, les soldats américains présents en France envoient des cartes vers les États-Unis pour marquer la fête des Mères. Après la guerre, les Français reproduisent la coutume américaine et le gouvernement l'utilise pour promouvoir la natalité et le repeuplement de la France.
Il faudra attendre le 16 juin 1918 pour que se déroule la première "Journée des mères", à Lyon, à l'initiative du colonel de la Croix-Laval. C'est le début de la tradition..
9 Mai 1920: toujours dans un contexte de politique nataliste, le ministre de l'Intérieur met en place la première journée nationale des mères de familles nombreuses qui récompense celles qui repeuplent la France. La même année, des instituteurs d'Alsace aident leurs élèves à fabriquer un objet ou à écrire un compliment en l'honneur de leur mère.
A cause de quelques lenteurs administratives, la première cérémonie officielle avec remises de médailles n'aura finalement lieu que le 20 avril 1926, même si entre temps de multiples manifestations se tiennent pour célébrer les mères les plus vertueuses et courageuses.
Le 25 mai 1941, le Maréchal Pétain institue définitivement la "journée nationale des mères".
Dernier volet de l'histoire, le Président de la République Vincent Auriol signe le 24 mai 1950 un texte de loi instituant la fête des mères. Elle est alors définitivement fixée au dernier dimanche de mai. Si cette date coïncide avec celle de la Pentecôte, la Fête des Mères a lieu le premier dimanche de juin. C'est pourquoi en France ,la fête des Mères fait partie des fêtes mobiles dont la date change chaque année (2006: 28 mai; 2007: 3 juin; 2008: 25 mai; 2009 7 juin; 2010: 30 mai...)

La fête des Mères gagne toute l'Europe entre la première et seconde guerre mondiale . La date et la tradition diffère d'un pays à l'autre mais l'esprit est le même : célébrer la mère et la famille.






Calendrier de la fête des Mères en Europe 


En Angleterre: "Mothering day" est célébré le quatrième dimanche de Carême, mi-mars.
En Allemagne: "Muttertag" se fête le deuxième dimanche de mai. La fête des mères a été introduite en Allemagne vers 1922 sous la république de Weimar. En Allemagne, les mères sont fêtées le deuxième dimanche de mai. C'est en principe un jour de repos complet pour la mère et les enfants doivent s'occuper de tout. La journée commence par un petit déjeuner confectionné par les enfants, suivi d'une promenade et enfin d'un bon repas . 
En Belgique: la fête des Mères a lieu le second dimanche du mois de mai, mais les dates peuvent varier selon les régions.
Au Danemark: c'est une fête célébrée le deuxième dimanche du mois de mai. , comme aux Etats-Unis. Selon la tradition, les enfants offrent des chocolats à leur maman. L'événement est davantage fêté dans les petites villes que dans les grandes.
En Espagne: "El dia de la madre" est célébré le premier dimanche du mois de mai. La tradition veut que toute la famille aille au restaurant et qu’une fleur soit offerte aux mamans. Dans les pays à forte tradition catholique le mois est traditionnellement celui de Marie.
En Italie: la "Mamma" est célébrée le deuxième dimanche du mois de mai.
En Suisse: la mère est honorée le deuxième dimanche du mois de mai.
En Hongrie, on fête les mères le premier dimanche de mai.
En Finlande, la fête des mères tombe le second dimanche du mois de mai.
En Estonie , la fête des mamans est célébrée le second dimanche de mai .
En Norvège, la fête des mères est célébrée le 2e dimanche de février. Les enfants réveillent leur maman en leur apportant le petit-déjeuner au lit et ils leur offrent des fleurs et un gâteau.






L’œillet, fleur de la fête des Mères


 
L’œillet était la fleur préférée de la maman d'Anna Jarvis, c'est pourquoi lors des premières commémorations de la fête des mères aux États-Unis, cette fleur en devient le symbole. L’œillet de couleur rouge est porté par les enfants dont la maman est vivante et l’œillet blanc est porté en souvenir des mamans défuntes .L’œillet est une fleur qui symbolise l'amour et le mérite. Sa couleur rouge foncé est le symbole de l'amour et d'un attachement profond à sa mère. L’œillet blanc, quant à lui, rappelle la pureté et la fidélité au souvenir d'une mère défunte.