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dimanche 20 août 2017

Juminda (Estonie) : 28 août 1941 , une dramatique "bataille"en Mer Baltique !





A la mémoire des 12000 noyés du 28 août 1941

 "Le fond de la mer dans le golfe de Finlande entre Kallbådagrund et le Cap Juminda est un immense cimetière"


Dans le magnifique parc de Lahemaa ,en Estonie , il existe une péninsule au bout de laquelle une dramatique "bataille navale" eut lieu le 28 août 1941 ,faisant des milliers de victimes militaires et civiles ,dont beaucoup de citoyens des trois États Baltes , c'est la péninsule de Juminda .
Localisation de Juminda : https://goo.gl/maps/6Uk5l
 
Pour y aller depuis Leesi (où se trouvait notre gîte), nous avons suivi la direction "Juminda" . Arrivés à un petit carrefour avec quelques maisons (c'est la photo du bas avec les très jolis et pittoresques panneaux indicateurs en bois ) ,nous avons suivi vers la droite  la direction "Seabattles's Memorial 1 km" , c'est une toute petite route qui se termine par un chemin , je précise que nous étions à vélo.


J'ai essayé de traduire aussi bien que possible ce qui est inscrit sur le panneau devant le monument aux victimes de la 2ème guerre mondiale ( monument érigé le 25 août 2001 ) .




Voici ma traduction :
"En août 1941 , 66 bâtiments de la caravane qui était évacuée sur Leningrad , comprenant 200 vaisseaux de la flotte soviétique balte et des navires civils qui avaient été réquisitionnés en Estonie , Lettonie et Lituanie avec leurs équipages , ont été coulés par des mines , des bombes , des torpilles et des feux d'artillerie sur les champs de mines près de la péninsule de Juminda .
Parmi les navires coulés , 22 venaient d'Estonie , Lettonie et Lituanie . A bord ,il y avait des citoyens de la République d'Estonie qui avaient été recrutés par l'Armée Rouge , des prisonniers évacués de force , également citoyens de la République d'Estonie, des membres du parti communiste ,et des employés des institutions soviétiques ,alors occupants de l'Estonie , ainsi que leurs familles .
Des milliers de civils et militaires périrent avec les navires , et leur nombre exact n'est à ce jour toujours pas connu . Le nombre des victimes qui ont péri dans le désastre de Juminda est l'un des plus importants connu dans l'histoire de la guerre maritime ."




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Mes recherches sur Juminda
 
4 juillet 2013 : je cherchais depuis longtemps un site sur la bataille de Juminda ,je viens d'en trouver deux ,en anglais .

- Le premier est un site local : "Juminda adds colour to the north coast" !

- Le deuxième site est finlandais ,j'y ai trouvé un article de Pekka Hakala sur Juminda dans l'édition internationale de "Helsingin Sanomat" (la Gazette d'Helsinki), qui est le plus grand quotidien finlandais :

L'article dans son intégralité en anglais : Juminda, 28.8.1941: To the memory of the drowned - all 12,000 of them
  
Le début de l'article en français :


"L'élève-officier Fyodor Parimanovitch Yeryomenko se tenait sur le pont du destroyer "Volodarski" de la flotte soviéto-balte et scrutait la mer.
C'était en grande partie un exercice vain, puisque le golfe de Finlande était noir comme la poix dans la nuit noire d'août.

Le soleil s'était couché deux heures plus tôt. La mer était agitée par des vagues nouvelles et anciennes - une houle restée de la tempête de la matinée qui avait soufflé du nord-est et de nouvelles vagues soulevées par une brise renforcée progressivement venant du sud-ouest.

C'était le jeudi 28 Août 1941. Il était presque 23.00, et Yeryomenko comptait les minutes jusqu'à la fin de son quart .

Le
destroyer Orfey-class  Volodarski, mis à la mer en 1914 à Saint-Pétersbourg sous le nom de "Pobiditel", avait quitté la capitale estonienne Tallinn juste après le coucher du soleil, à la fin d'une longue flottille de troupes soviétiques, de marchands, et d'escortes navales , en direction de Leningrad et de la sécurité ..."



(A la mémoire des 12000 noyés)

"The seabed in the Gulf of Finland between Kallbådagrund and Cape Juminda is one enormous graveyard".
 "Le fond de la mer dans le golfe de Finlande entre Kallbådagrund et le Cap Juminda est un immense cimetière".

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 27 Juillet 2015

Suite de mes recherche
- Un article en français sur Wikipédia :


Opérations en 1941 :

[...]
"Comme les bases navales à Riga et Liepāja furent perdus lors de l’avancée allemande, la marine soviétique se retira à Tallinn, qui se rendit à la fin du mois d’août, forçant les Soviétiques à évacuer par la mer. Pour empêcher cela, les marines allemande et finlandaise mouillèrent 2 400 mines, les ajoutant aux 600 déjà présentes dans les couloirs maritimes au large de Tallinn. L'artillerie allemande fut déplacée dans la péninsule de Juminda et les torpilleurs finlandais et allemands furent mis en alerte. L'évacuation soviétique mit en œuvre 160 navires, qui transportèrent 28 000 personnes (dont les dirigeants communistes et leurs familles, le personnel de l'armée et de la marine, et 10 000 Estoniens) et 60 000 tonnes de matériel. L'évacuation débuta dans la nuit du 27 août 1941 , en même temps que les premières troupes allemandes entraient dans Tallinn . Lors de l'embarquement ,des navires étaient constamment soumis aux attaques des bombardiers et de l'artillerie allemande, qui continuèrent leurs attaques jusqu’à ce que l'armada atteignit la péninsule minée de Juminda.
Le 28 août à minuit, l'armada s’engouffra dans les champs de mines, tout en étant attaquée par des torpilleurs finlandais et allemands.
Les pertes furent lourdes, avec 65 des 160 navires perdus, et plusieurs autres endommagés. Sur les 28 000 personnes évacuées, 16 000 périrent.

Avec relativement peu de moyens, la Kriegsmarine et la marine finlandaise avait porté un coup sévère à la flotte de la Baltique soviétique, qui se retira derrière la sécurité relative

des barrières de mines et des fortifications côtières de Cronstadt."
[...]

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagnes_de_la_mer_Baltique_%281939-1945%29
































Mes photos de Juminda datent d'août 2008.




Agrandir le plan

23 Août 1989 - 23 Août 2017 : 28 ème anniversaire de la Voie Balte ( Balti Kett en estonien, Baltic Way ou Baltic Chain en anglais)





"La Voie balte-trois pays main dans la main"
Estonie - Lettonie - Lituanie
 
23 août 1989







Le 23 Août 1989 ,près de deux millions de Baltes (sur environ 7 millions) - Estoniens ,Lettons ,Lituaniens - se tenant par la main ,ont surpris le monde en formant une impressionnante chaîne humaine de 600 km de long , traversant les trois États baltes ,depuis la tour de Toompea à Tallinn (Estonie) jusqu'au pied de la Tour Gediminas à Vilnius (Lituanie), en passant par Riga (Lettonie) .

Cette chaîne humaine était leur manière de "commémorer" le 50ème anniversaire du pacte Molotov-Ribbentrop. 
Ils exigeaient conjointement la reconnaissance des clauses secrètes du pacte Molotov-Ribbentrop et le rétablissement de l'Indépendance des États baltes.

Cette chaîne humaine était donc leur façon d'exprimer la condamnation de ce pacte ,et leur immense espoir en l'avenir ,l'espoir de retrouver leur Indépendance et leur Liberté .

La Voie balte est un phénomène qui a montré comment trois petits pays - les États Baltes - indépendamment de leurs caractéristiques nationales individuelles uniques, ont su créer une synergie interculturelle ,à la fois à l'intérieur de chaque État mais aussi entre les trois États baltes au nom d'un objectif commun - surmonter les conséquences de la Seconde Guerre mondiale et détruire les régimes totalitaires.

La Voie balte est un symbole historique qui est vivant dans la mémoire collective, enrichissant la compréhension du sens et des valeurs de la solidarité et de la liberté d'expression.






Itinéraire de la Voie Balte  




La Voie balte ,une chaîne humaine 
liant trois États sur un même chemin vers la liberté















Qu'est ce que le pacte Molotov-Ribbentrop ?
 
Le pacte Molotov-Ribbentrop (Traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union des républiques socialistes soviétiques) fut signé le 23 Août 1939 à Moscou par Viatcheslav Molotov et Joachim von Ribbentrop ,respectivement ministres des Affaires étrangères de l'Union soviétique et de l'Allemagne nazie .

Ce pacte ,accord de non agression incluant un protocole secret ,définissait aussi une répartition des sphères d'influences de l'Allemagne et de l'URSS dans les pays les séparant. Il fut rompu de facto le 22 juin 1941, lorsque l'Allemagne nazie envahit l'URSS , conduisant à l'occupation et à l'annexion des trois États baltes -

Ce n'est que le 23 août 1988 que le contenu secret de cet accord a été rendu public .
Une année plus tard ,le 23 août 1989 ,un rassemblement massif est organisé par les mouvements nationaux des trois pays baltes : le Front populaire d'Estonie (Rahvarinne), le Front populaire de Lettonie (Tautas fronte),et le mouvement réformateur de Lituanie (Sajudis).

C'est ainsi qu'est née la Voie Balte , remarquable acte de solidarité qui a suscité beaucoup d'attention à travers le monde , ce 23 août 1989 ! 
Une telle mobilisation ne s'était encore jamais vue nulle part !
La Voie Balte a montré que les trois États baltes ,indépendamment de leur identité nationale propre ,pouvaient unir leurs forces pour trouver le chemin de la Liberté .




Monument to the Baltic Way in Estonia


L'impressionnante chaîne humaine ,associée à la pression internationale grandissante en faveur de la révélation de la vérité historique ,a donné une impulsion décisive au rétablissement de l'indépendance nationale de l'Estonie ,de la Lettonie et de la Lituanie ,encourageant dans le même temps les mouvements démocratiques dans toute l'ancienne Union soviétique .
Peu après (février-mars 1991), des référendums officiels sont organisés, montrant la forte mobilisation des Baltes pour leur indépendance : 90% en Lituanie, 77% en Estonie et 73% en Lettonie.
L'échec du putsch soviétique d'août 1991 - où la ligne dure des communistes ne parvient pas à prendre le pouvoir - permet aux pays baltes de déclarer leur indépendance politique, que de nombreux pays occidentaux s'empressent de reconnaître.
Ayant perdu toute marge de manœuvre, Moscou se voit obligé de suivre le mouvement et reconnaît leur indépendance le 4 septembre 1991, trois mois avant que ne disparaisse l'Union Soviétique. 


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Le patrimoine documentaire de "La Voie Balte", 
d’une exceptionnelle valeur, a été classé au registre "Mémoire du monde" de l’UNESCO le 30 Juillet 2009.

Des documents importants et soigneusement sélectionnés reflètent l'histoire des 600 km d’une longue chaîne humaine le 23 août 1989 - le 50ème anniversaire du pacte germano-soviétique de non-agression de 1939 et son protocole secret. Ce fut une manifestation unique et pacifique qui a uni les trois pays dans leur marche pour la liberté.




Vidéo "Mémoire du monde-UNESCO"



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Un autre article intéressant sur le blog d' ESTONIE-TALLINN :





Vidéos de la Voie Balte 






samedi 12 août 2017

le 20 Août 2017 , l'Estonie fêtera le 26 ème anniversaire de sa deuxième indépendance

Le Parlement estonien (Riigikogu)
et la tour de Toompea


Le 20 août est un jour férié en Estonie . 
Les Estoniens vont fêter cette année le 26ème anniversaire du retour à l'indépendance de l'Estonie ( la première indépendance date du 24 Février 1918 - le 24 Février est aussi un jour férié et est appelé Jour de l'Indépendance estonienne-).



Que s'est-il passé le 20 Août 1991 ?

"Le processus qui mena à la seconde indépendance de l'Estonie fut un long combat qui selon beaucoup démarre pour de bon en 1986 avec une campagne écologique contre l'ouverture d'une mine de phosphorite dans l'est du pays. Pour la première fois, la pression populaire force le pouvoir à reculer..."  
Lire la suite sur le blog :  Estonie-Tallinn




















 TV Tower -Tallinn




"5O ans après ,le Pacte Germano-Soviétique fait boomerang en URSS" :un article du 23 Août 1989




Je recherche parfois des articles concernant la période d'occupation de l'Estonie par l'ex URSS (1940-1991) . Je viens d'en trouver plusieurs dans les archives d'un journal belge "Le Soir".

J'ai choisi l'article suivant car il date du Mercredi 23 Août 1989, date à laquelle près de deux millions d'Estoniens , de Lettons , de Lituaniens se tenant par la main ont formé une impressionnante chaîne humaine de 600 km de long (La Voie Balte), traversant les trois pays baltes , pour "commémorer" à leur manière le 50ème anniversaire du pacte Molotov-Ribbentrop. 

Mais vous pouvez consulter d'autres articles concernant l'Histoire des États baltes durant la période 1988-1991, sur la page "Archives-lesoir.be" .  


50 ans après, le pacte germano-soviétique fait boomerang en URSS 


Mercredi 23 août 1989

"Nous comprenons bien l'action de l'Allemagne et nous lui souhaitons le plein succès dans sa campagne défensive. Je voudrais vous transmettre mes félicitations les plus chaleureuses à l'occasion de cette splendide victoire de la Wehrmacht..."
C'est par ces mots face à l'ambassadeur du IIIe Reich à Moscou, que Molotov, ministre des Affaires étrangères de Staline réagit, en juin 1940, à l'invasion et l'occupation de la Belgique (et de la France). Les deux totalitarismes étaient à ce moment à l'apogée de leur "amitié indestructible", inaugurée, il y a ce mercredi tout juste 50 ans, par la signature à Moscou, le 23 août 1939, du "Pacte de non-agression" entre Hitler et Staline. 

Cinquante ans après, l'heure de la vérité a peut-être sonné. A la suite de ce "pacte du diable", un territoire d'environ 400.000 kilomètres carrés, avec 20 millions de citoyens de trois pays baltes, de la Finlande, d'un tiers de la Pologne et de la Roumanie, allaient changer de régime et de citoyenneté. Aujourd'hui, leurs descendants essaient, avec des chances inégales, de se débarrasser de ce régime et de cette citoyenneté.
Cet anniversaire sera marqué par d'importantes manifestations nationalistes dans tous les pays concernés. Les Baltes vont notamment tenter, en signe d'unité, de former une chaîne humaine le long de 56O km de routes reliant leurs capitales, Vilnius, Riga et Tallinn.
Symbole parfaitement justifié: une semaine avant que les premiers obus soient tirés contre la presqu'île polonaise de Westerplatte, ce pacte, et surtout ses "clauses secrètes", ont marqué le vrai début de la Deuxième Guerre mondiale. Et la naissance de l'empire soviétique.
La dépêche, tombée au milieu de la nuit du 21 au 22 août 1939, a éveillé toutes les chancelleries d'Europe. Les agences de presse de l'Allemagne et de l'URSS annonçaient que Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères de Berlin, arriverait le 23 à Moscou pour signer, au nom du chancelier Hitler, un pacte de non-agression avec Staline. 
A part quelques diplomates clairvoyants, peu de gens se rendirent compte de l'ampleur du désastre que ce pacte allait apporter à l'humanité. C'est en vertu de clauses secrètes de ce pacte, complété ensuite par plusieurs autres documents (certains aussi secrets), que la Pologne a été partagée (pour la quatrième fois entre les mêmes voisins), que la Bessarabie et la Boukovine roumaines sont passées à l'URSS et que les trois pays baltes, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, sont "entrés" dans la zone d'influence soviétique, avant d'être, un an plus tard, tous simplement annexés par l’État bolchevique. 

POL MATHIL



Le retour du pacte germano-soviétique 


Le débat sur l'importance de cet événement, qui a marqué les dernières cinquante années de l'Histoire de notre continent et scellé le sort de quelques vieilles nations, se déroule sur trois plans parallèles.
D'abord, historique. Pendant 50 ans, les autorités soviétiques contestèrent l'authenticité et même l'existence des clauses secrètes de 1939. "Amnésie" compréhensible dans la mesure où ces clauses dévoilent les sources totalement arbitraires et la justification exceptionnellement cynique (une zone d'influence dans l'Europe partagée entre les deux agresseurs) de l'annexion de terres étrangères et de l'incorporation par l'URSS des trois pays de la Baltique.
Ce volet est désormais clos. Même une commission officielle du parlement soviétique a reconnu l'évidence. Les textes intégraux des traités conclus par Hitler et Staline en 1939 et 1940 sont couchés sur des microfilms: 10.000 pages, 20 films. Il y a aussi une carte de l'Europe orientale dans laquelle les sphères d'intérêt soviétique et allemande sont délimitées conformément aux clauses secrètes. Staline l'a signée avec des lettres hautes de... 58 cm. Tous les documents en question sont déjà en possession des autorités soviétiques. C'est un cadeau pour M. Gorbatchev. Offert par le chancelier Kohl...
Le deuxième débat est de nature juridique. Il est encore ouvert. La question n'est plus de savoir si le "pacte satanique" est nul et non avenu, mais depuis quand: dès le début, depuis sa signature le 23 août 1939 ou à partir de sa violation par le IIIe Reich, le jour de la trahison par Hitler de son allié Staline, au moment de l'invasion nazie de l'URSS, le 21 juin 1941?
La différence est capitale. Le débat n'est pas théorique. Au contraire. Si, en effet, le pacte n'a perdu sa validité qu'en juin 1941, tout ce qui s'est passé dans sa foulée pendant ces deux ans reste valide et conforme à la loi internationale, y compris toutes les incorporations, annexions, etc. Si, en revanche, le pacte est déclaré nul ex tunc, dès le départ, alors l'image du monde change. Car, même si par exemple la Pologne ne conteste pas son actuel statu quo territorial (elle a reçu une compensation aux frais des Allemands et a déplacé son pays 300 km plus à l'Ouest), la soviétisation de trois pays baltes est totalement illégale, les "élections" et "demandes spontanées" d'union avec la Russie ne relèvent que d'une sinistre comédie. C'est ainsi que le parti communiste polonais vient de condamner le pacte de 39 qui "a violé les lois internationales" et qu'une commission parlementaire lituanienne a déclaré que ce pacte "est nul et non avenu depuis le moment de sa signature".
Ce qui explique que, et c'est le troisième volet, ce débat est surtout politique. Il anime non seulement l'action et la contestation dans les trois pays baltes, mais traverse désormais l'élite politique soviétique, touche l'essentiel des fondements de l'URSS. Le mystère n'existe plus. Le pacte et ses clauses ont déjà été publiés en URSS. L'historien Youri Afanassiev parle ouvertement de l'occupation militaire soviétique. Le Kremlin est dans une situation difficile. Alexandre Yakovlev, membre du Bureau politique et président de la commission parlementaire chargée d'étudier l'affaire du pacte, cherche une «interprétation» moins explosive. Il explique que l'imposition du régime soviétique dans les pays baltes ne résulte pas du pacte germano-russe, mais "d'autres circonstances". 
Mais, il ne dit pas quelles circonstances... Et pour cause: elles n'existent pas.
Au fond, c'est une bataille d'arrière-garde. La cause est plaidée. On comprend les Baltes qui, même si tous n'exigent pas l'indépendance pour demain, demandent qu'on leur rende justice et qu'on leur rétablisse cette partie d'attributs politiques et économiques qui puissent, en attendant la souveraineté pleine, satisfaire les exigences fondamentales de leur dignité nationale et humaine.
En fait, avec le débat sur le pacte de 1939, on aborde probablement la phase finale, et la plus difficile, du réexamen de la politique étrangère de l'URSS, telle qu'elle a été formulée et pratiquée par Staline et ses successeurs. Mikhaïl Gorbatchev, qui a tant fait sur le plan de la rupture avec le passé stalinien, n'a cependant pas eu le courage ou la possibilité de mener ce réexamen jusqu'au bout. Il s'agit de remettre en question la série des actes arbitraires qui, depuis le pacte de 39 et jusqu'aux interventions en Hongrie en 56, en Tchécoslovaquie en 68, en Pologne (indirectement) en 1981, en passant par la soviétisation de l'Europe de l'Est après Yalta, ont fondé et maintenu par la force l'empire soviétique.
50 ans après, peu de gens (il y en a quand même) préconisent l'abolition de cet empire par la force. Mais les peuples de l'Est demandent qu'on les laisse regagner, sans violence, un statut compatible à la fois avec les réalités politiques et leurs aspirations nationales. Il s'agit, bien sûr, d'un compromis.
La Pologne, une fois n'est pas coutume, donne à cet égard l'exemple de la sagesse, de la modération et de l'efficacité: elle est en train de créer un espace de liberté à l'intérieur du carcan impérial soviétique. Y a-t-il quelqu'un qui pourrait prétendre que Walesa n'est pas un homme libre? 

P. Ml.


L'Estonie veut retourner à la case départ... de 1928 


DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE
Tallinn, août 1989 

"Nous sommes une nation sous pression depuis 1940", déclare d'emblée Trivimi Valleste, président du plus important mouvement indépendantiste estonien, la Fondation pour la sauvegarde du patrimoine d'Estonie." Il faut que le Kremlin explique à tous les Soviétiques - pas à nous qui le savons déjà - que le cas des Baltes est un problème à part. Si Gorbatchev dénonce le Pacte, la situation sera plus claire et nous pourrons travailler sur de bonnes bases."
Quel que soit son degré de politisation, l'habitant de la Baltique refuse aujourd'hui le costume taillé par le Pacte germano-soviétique et dénonce comme une sinistre comédie le "vote" de leur Douma en faveur d'une incorporation dans l'Union soviétique. Même ceux qui ne veulent pas faire sécession, et ils sont quand même nombreux, veulent retourner à la case départ. Alors, il sera possible à trois républiques indépendantes de décider démocratiquement si elles restent ou non soviétiques, à quelles conditions.
"La république indépendante fondée en 1928 existe toujours en droit international puisque l'annexion a été illégale. La preuve, plusieurs pays dont les États-Unis ne l'ont pas reconnue. Il suffit donc de rétablir le gouvernement de facto et de réparer l'injustice. Nous voulons le faire calmement, il n'y a pas de raisons de se battre avec les Russes. En utilisant la voie parlementaire, idéale pour convaincre le Kremlin qu'il est meilleur pour tout le monde d'accepter, que refuser serait trop dangereux."
Comme toujours en pays balte, la voie proposée par Valleste est légale et simple. Trop au goût de certains qui proposent aussi la négociation mais pas avec les mêmes négociateurs.
Pour le Front populaire, c'est le Parlement estonien qui doit mener ces négociations car il représente la majorité des Estoniens. Or, les mouvements radicaux ne reconnaissent pas le Parlement actuel car "même s'il a été élu démocratiquement, il a été créé par un régime d'occupation et un tiers des députés sont des étrangers. Même illégal, il peut faire des choses utiles comme promulguer la loi sur la langue ou l'autonomie financière. Mais cette situation doit être aussi courte que possible"
La solution de Valleste, partagée par les trois mouvements radicaux estoniens, se concrétise actuellement avec l'élection par districts de Comités de citoyens. Sont éligibles tous ceux qui étaient estoniens en 1940 et leurs descendants. Les autres sont considérés comme des illégaux qui, après la proclamation de l'indépendance, pourront introduire une demande de naturalisation. A leur tour, les Comités éliront un Congrès estonien «pas un Parlement qui suppose des élections parfaites. Impossible pour des raisons techniques. Le Congrès peut prendre des décisions politiques mais pas voter des lois», explique Valleste toujours accroché à la cohérence constitutionnelle. "Il pourrait choisir un gouvernement provisoire qui organisera de vraies élections parlementaires et négociera avec le Kremlin"
A la finlandaise?
Le passé fournit aussi un moyen de retourner à la situation légale d'avant le Pacte: le traité de Tartu signé en 1920 entre la Russie soviétique et l'Estonie, un accord bilatéral entre deux nations indépendantes qui peut servir de base pour de nouvelles négociations avec le Kremlin. Notamment à propos des installations militaires. "Nous savons que nous sommes en période de négociations internationales sur les armements et que ce n'est pas le moment de bouleverser les données", poursuit Valleste. "Nous pourrions par exemple conserver des installations de radar. Mais nous préférons un système de neutralité comme celui de la Finlande, celui que nous avions avant le Pacte. Nous sommes aussi prêts à négocier un statut à la hongroise, avec un nombre limité de troupes soviétiques, pour un certain temps, selon les progrès des négociations internationales."
Quoique intellectuellement cohérent, ce programme ne fait pas l'unanimité des stratèges du Front qui l'estiment trop estonien. "Les trois pays baltes ne se présentent pas à chance égale. Il faut être prudent et ne pas avancer des solutions qui seraient bonnes en Estonie mais créeraient de dangereux précédents pour les deux autres pays baltes."
Le Front pense par exemple au cas de la Lituanie compliqué par des modifications de frontières au cours des siècles. Même si certains leaders de Solidarité se sont engagés à ne pas revendiquer les territoires que la Pologne avait envahis en 1920 et à renoncer à l'idée d'un Vilnius polonais, certains font remarquer que les Polonais continuent à l'appeler Wilno et la méfiance subsiste. Il y a eu aussi des glissements de frontières entre la Lituanie et la Lettonie, plus faciles à régler car «on est entre soi». Le Front craint aussi qu'une définition restreinte de la citoyenneté estonienne ne cause problème aux Lettons qui sont minoritaires dans leur république. 

NINA BACHKATOV.


 Source : http://archives.lesoir.be/5o-ans-apres-le-pacte-germano-sovietique-fait-boomerang_t-19890823-Z01XHF.html

dimanche 6 août 2017

Le 7 août 1932 , "Holodomor" ,Grande famine et génocide ukrainien




L’Holodomor est le nom donné au génocide par la famine qui s’est produit en Ukraine en 1932 et 1933. Quelque 10 millions d’Ukrainiennes et d’Ukrainiens ont péri alors, victimes de la famine provoquée sous le régime de Joseph Staline. Au paroxysme de la famine, 25 000 personnes mouraient chaque jour.
 
« Holodomor », un mot ukrainien qui signifie « fléau de la faim » ou « mort infligée par la famine », a été créé par la fusion des mots holod (en ukrainien, la faim, la famine) et moryty (tuer - par privations -, affamer, épuiser) . Ce terme prête à cette famine un aspect intentionnel. 
L'événement se produisit dans le contexte plus général des famines soviétiques de 1931-1933, mais le nombre particulièrement élevé de victimes et les caractéristiques de la famine ukrainienne lui confèrent, selon certains, une spécificité.

Le Jour commémoratif de l’Holodomor a été institué le quatrième samedi de novembre.
 Sources :  
http://www.citizenship.gov.on.ca/french/citizenship/holodomor.shtml
http://fr.wikipedia.org/wiki/Holodomor



C'est le 7 août 1932 que l'URSS promulgue une loi qui punit de dix ans de déportation, voire de la peine de mort, «tout vol ou dilapidation de la propriété socialiste», y compris le simple vol de quelques épis dans un champ.

Cette loi, dite «loi des épis», survient alors que les campagnes soviétiques connaissent un début de famine du fait des réquisitions forcées par le pouvoir. Elle va considérablement aggraver la situation des paysans et l'on estime qu'en Ukraine, six millions d'entre eux vont mourir de faim dans les mois suivants.
Cette «Grande famine», intentionnellement entretenue et amplifiée par Staline , maître tout-puissant de l'Union Soviétique, est assimilée à un génocide par la plupart des historiens ainsi que par les Ukrainiens. Elle est connue sous le nom d'«Holodomor»(«extermination par la faim» en ukrainien).


"La question de savoir si le Holodomor constitue ou non un génocide reste âprement débattue. Fin 2006, l'Ukraine a officiellement qualifié le Holodomor de génocide, qualification reconnue par un certain nombre de pays dont les États-Unis. 
Le caractère génocidaire de cette famine est cependant contesté par le Kazakhstan et la Russie, qui arguent notamment que l'Ukraine n'a pas été la seule république touchée, et n'est pas reconnu par l'ONU. Pour le Parlement européen, le Holodomor est une famine provoquée, qu'il qualifie de "crime contre le peuple ukrainien et contre l'humanité."


Monument commémoratif de l'Holodomor en Ukraine







À ce jour (2011),24 pays ont reconnu Holodomor 
comme génocide






 Suite aux commentaires que j'ai reçus - je vous en remercie tous vivement - je vais donner les liens qui m'ont été communiqués dans ces commentaires pour que vous tous qui lisez cet article ,puissiez directement y accéder en cliquant sur ces liens :


1) Portail ukrainien d'information au Québec ; on y trouve l'analyse du génocide ukrainien , des documents et des témoignages , et un documentaire : La famine inconnue , le film dure 30mn .
Le documentaire télé La famine inconnue, diffusé par Radio-Québec (aujourd’hui Télé-Québec) le 16 avril 1983 était le premier film au Canada (et peut-être au monde) entièrement consacré au génocide ukrainien. Ce documentaire en français, produit par Radio-Québec pour sa série d'émissions Planète, a été doublé plus tard en ukrainien et anglais.


2)
Un site , Ukraine 33 ,créé en 1987, dont le Comité travaille sur les témoignages, les rencontres, les suites, les recherches d'historiens.  
http://ukraine33.free.fr