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lundi 9 novembre 2015

Pour le 11 novembre ,une pensée pour mon Grand-père ,ancien poilu de la guerre 1914-18

11 novembre 1982 - remise de médailles sur la Place du Maréchal Leclerc à Poitiers
mon grand-père est le deuxième à partir de la gauche 



Comme chaque année pour le 11 novembre ,je veux rendre hommage à mon grand père ,Marcel Alibert ( 05 septembre 1898 - 28 janvier 1986) et à tous ceux qui du côté français ,comme du côté allemand ,ont servi pendant toute la durée de la Grande Guerre les intérêts de leurs gouvernements respectifs . Ils ont été les pions de cette guerre ,et pour un grand nombre ,se sont sacrifiés pour défendre leur pays dans ce conflit militaire qui a atteint une échelle et une intensité jusqu'alors inconnues .
La guerre de 1914-18  a mis en jeu plus de soldats, provoqué plus de morts et causé plus de destructions matérielles que toute autre guerre auparavant .
Plus de 60 millions de soldats y ont pris part ,venant de 65 pays du monde entier impliqués dans ce conflit. Environ 10 millions de personnes sont décédées et 20 millions sont restées invalides.



Après la remise de médaille


Mon grand-père a reçu la médaille militaire le 11 novembre 1982 (photo tout en haut devant la mairie de Poitiers), exactement 64 ans après la fin du conflit et 3 ans avant sa mort : il avait alors 84 ans en ce 11 novembre 1982 . J'avais assisté avec ma famille à cette cérémonie de remise de médaille , qui pour lui, avait une signification très importante : c'était enfin ,après tant d'années , la reconnaissance et les remerciements de  l'État français pour son engagement en 1916 et pour les combats auxquels il avait participé avec ses camarades sur les différents fronts.
Ce jour du 11 novembre 1982 fut pour lui ,comme pour nous tous qui l'entourions ce jour là, un moment très émouvant !

Mon grand-père paternel dans les ruines d'Ostel (Aisne)
Octobre 1917



Ce 11 novembre doit rester une journée de mémoire pour tous ceux qui ont pris part à cette guerre si meurtrière ,il faut laisser de côté haine et rancœur pour simplement se souvenir de ceux qui ont laissé leurs vies sur les champs de bataille et grâce  auxquels ,finalement , l'Allemagne et la France ont maintenant des intérêts communs au cœur d'une Europe construite sur des ruines et des millions de morts. Espérons que la mort de ces millions d' innocents venus de si loin pour certains ,ait au moins servi à sauvegarder la paix en Europe pour toujours .




 
Lien pour l'article sur le Parc Mémorial Canadien de Vimy : 
 http://blog-dazur.blogspot.com/2010/11/le-parc-memorial-canadien-de-vimy.html
 

et pour le Mémorial de la Porte de Menin à Ypres (Belgique):
http://blog-dazur.blogspot.com/2010/11/memorial-de-la-porte-de-menin-ypres.html



vendredi 6 novembre 2015

Il y a 26 ans , le 9 novembre 1989 ,le mur de la honte s'écroulait à Berlin




 Pour les Allemands, le 9 NOVEMBRE rappelle tout à la fois l'avènement de la République (1918), le pitoyable "putsch de la Brasserie" (1923), la sinistre "Nuit de Cristal" (1938) et l'heureuse chute du Mur (1989).

Chacun se souvient de la nuit du 9 au 10 novembre 1989... Cette nuit-là, devant les caméras du monde entier, de jeunes Allemands de l'Est et de l'Ouest brisent le Mur de la honte qui divise Berlin depuis le 13 août 1961.
Les jeunes gens prennent de court les dirigeants des deux bords qui ne s'attendaient pas à un enchaînement aussi rapide des événements.


Les peuples contre les dictatures


Réceptifs à la politique de glasnost (transparence) initiée trois ans plus tôt par le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, les dirigeants hongrois ont été les premiers à soulever la chape de plomb communiste.

Le 2 mai 1989, ils annoncent leur intention d'entr'ouvrir leur frontière avec l'Autriche. Des centaines d'Allemands de l'Est se précipitent alors en Hongrie dans l'espoir de bientôt passer à l'Ouest. En septembre, ils sont plusieurs milliers à s'enfuir de la sorte.
En République Démocratique Allemande (RDA), à Leipzig puis dans les autres villes du pays, les opposants au communisme quittent le secret des temples luthériens et manifestent au grand jour. Ils ont pourtant quelque motif de craindre le sort des étudiants chinois de la place Tien An Men , à Pékin, sauvagement écrasés au même moment.
Le pouvoir est-allemand vacille. Début octobre, il autorise le transfert à l'ouest de plusieurs milliers de ses ressortissants qui s'étaient réfugiés dans l'ambassade ouest-allemande de Prague. Sa faiblesse s'affiche dans ces trains qui traversent l'Allemagne de l'Est, pleins de réfugiés triomphants !
Le 7 octobre 1989, lors du défilé commémoratif du 40e anniversaire de la RDA, Erich Honecker (77 ans), secrétaire général du Parti communiste est-allemand, doit supporter les acclamations qui montent vers... son invité, le réformiste Mikhaïl Gorbatchev (57 ans) : «Gorbi, Gorbi !». Après ce camouflet, le 18 octobre, il laisse la place à Egon Krenz, un dirigeant aussi stalinien que lui mais plus jeune (51 ans).
Rien n'arrête plus l'Histoire. Un million de manifestants à Berlin-Est entraînent la démission collective du gouvernement communiste le 7 novembre.
Deux jours plus tard, le 9 novembre, vers 18h, Günter Schabowski, membre du bureau politique, annonce très simplement la décision du gouvernement de RDA vis-à-vis des Allemands de l'Est : «les voyages privés à destination de l'étranger peuvent désormais être demandés sans aucune condition particulière». «À partir de quand ?» demande un journaliste. «Autant que je sache... tout de suite», répond le dirigeant !
Quelques heures plus tard, on compte déjà des dizaines de milliers de Berlinois devant les sept postes-frontière du Mur.
À 22h15, le poste-frontière le plus au nord, à Bornholmer Straβe, est ouvert et la foule s'y engouffre dans une euphorie indescriptible, sous le nez des redoutables garde-frontières est-allemands, les «vopos». En près de 30 ans, ces derniers ont tué 239 personnes qui tentaient de franchir le Mur. Cette fois, ils gardent l'arme au pied. Ils comprennent que leur temps est révolu.
Au cours de la nuit, les autres postes-frontière sont à leur tour ouverts. Les Berlinois de l'Est comme de l'Ouest ne se contentent pas de cela. Qui avec un marteau, qui avec une pioche, chacun s'attaque au béton du Mur (3,60 mètres de haut, 160 kilomètres de long et 300 miradors).
C'en est fini de cinquante ans de séparation et d'antagonismes entre les deux parties de l'Allemagne, la République Fédérale Allemande (RFA, en allemand, BundesDeutscheRepublik, BDR), sous influence occidentale, et la République Démocratique Allemande (RDA, en allemand Deutsche Demokratische Republik, DDR), sous domination soviétique.
Les idéologies chavirent dans un enthousiasme débridé. Personne ne s'inquiète encore des lendemains difficiles de la réunification. Sans perdre de temps, le chancelier fédéral Helmut Kohl impose une unification monétaire puis politique des deux parties de l'Allemagne. L'unité est officialisée le 3 octobre 1990. Ce jour est depuis lors fête nationale en Allemagne.
En 1999, le chancelier Kohl laissera à son successeur l'honneur d'inaugurer l'installation des pouvoirs publics à Berlin, qui fut déjà la capitale de l'Allemagne de 1871 à 1945.


De la réunification à la monnaie unique

Sans perdre de temps, le chancelier fédéral Helmut Kohl impose une unification monétaire puis politique des deux parties de l'Allemagne. L'unité est officielle le 3 octobre 1990, un jour qui devient la fête nationale allemande.
Le président français François Mitterrand, prenant acte du caractère inéluctable de la réunification, va négocier en contrepartie le sacrifice du deutsche Mark sur l'autel de l'union monétaire européenne. Ce projet débouchera sur la signature du traité de Maastricht le 7 février 1992.

André Larané
Source "Herodote": " 9 novembre 1989 - le Mur de la honte s'écroule" 


mercredi 26 août 2015

Juminda (Estonie) : 28 août 1941 , une dramatique "bataille"en Mer Baltique !





A la mémoire des 12000 noyés du 28 août 1941

 "Le fond de la mer dans le golfe de Finlande entre Kallbådagrund et le Cap Juminda est un immense cimetière"


Dans le magnifique parc de Lahemaa ,en Estonie , il existe une péninsule au bout de laquelle une dramatique "bataille navale" eut lieu le 28 août 1941 ,faisant des milliers de victimes militaires et civiles ,dont beaucoup de citoyens des trois États Baltes , c'est la péninsule de Juminda .
Localisation de Juminda : https://goo.gl/maps/6Uk5l
 
Pour y aller depuis Leesi (où se trouvait notre gîte), nous avons suivi la direction "Juminda" . Arrivés à un petit carrefour avec quelques maisons (c'est la photo du bas avec les très jolis et pittoresques panneaux indicateurs en bois ) ,nous avons suivi vers la droite  la direction "Seabattles's Memorial 1 km" , c'est une toute petite route qui se termine par un chemin , je précise que nous étions à vélo.


J'ai essayé de traduire aussi bien que possible ce qui est inscrit sur le panneau devant le monument aux victimes de la 2ème guerre mondiale ( monument érigé le 25 août 2001 ) .




Voici ma traduction :
"En août 1941 , 66 bâtiments de la caravane qui était évacuée sur Leningrad , comprenant 200 vaisseaux de la flotte soviétique balte et des navires civils qui avaient été réquisitionnés en Estonie , Lettonie et Lituanie avec leurs équipages , ont été coulés par des mines , des bombes , des torpilles et des feux d'artillerie sur les champs de mines près de la péninsule de Juminda .
Parmi les navires coulés , 22 venaient d'Estonie , Lettonie et Lituanie . A bord ,il y avait des citoyens de la République d'Estonie qui avaient été recrutés par l'Armée Rouge , des prisonniers évacués de force , également citoyens de la République d'Estonie, des membres du parti communiste ,et des employés des institutions soviétiques ,alors occupants de l'Estonie , ainsi que leurs familles .
Des milliers de civils et militaires périrent avec les navires , et leur nombre exact n'est à ce jour toujours pas connu . Le nombre des victimes qui ont péri dans le désastre de Juminda est l'un des plus importants connu dans l'histoire de la guerre maritime ."




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Mes recherches sur Juminda
 
4 juillet 2013 : je cherchais depuis longtemps un site sur la bataille de Juminda ,je viens d'en trouver deux ,en anglais .

- Le premier est un site local : "Juminda adds colour to the north coast" !

- Le deuxième site est finlandais ,j'y ai trouvé un article de Pekka Hakala sur Juminda dans l'édition internationale de "Helsingin Sanomat" (la Gazette d'Helsinki), qui est le plus grand quotidien finlandais :

L'article dans son intégralité en anglais : Juminda, 28.8.1941: To the memory of the drowned - all 12,000 of them
  
Le début de l'article en français :


"L'élève-officier Fyodor Parimanovitch Yeryomenko se tenait sur le pont du destroyer "Volodarski" de la flotte soviéto-balte et scrutait la mer.
C'était en grande partie un exercice vain, puisque le golfe de Finlande était noir comme la poix dans la nuit noire d'août.

Le soleil s'était couché deux heures plus tôt. La mer était agitée par des vagues nouvelles et anciennes - une houle restée de la tempête de la matinée qui avait soufflé du nord-est et de nouvelles vagues soulevées par une brise renforcée progressivement venant du sud-ouest.

C'était le jeudi 28 Août 1941. Il était presque 23.00, et Yeryomenko comptait les minutes jusqu'à la fin de son quart .

Le
destroyer Orfey-class  Volodarski, mis à la mer en 1914 à Saint-Pétersbourg sous le nom de "Pobiditel", avait quitté la capitale estonienne Tallinn juste après le coucher du soleil, à la fin d'une longue flottille de troupes soviétiques, de marchands, et d'escortes navales , en direction de Leningrad et de la sécurité ..."



(A la mémoire des 12000 noyés)

"The seabed in the Gulf of Finland between Kallbådagrund and Cape Juminda is one enormous graveyard".
 "Le fond de la mer dans le golfe de Finlande entre Kallbådagrund et le Cap Juminda est un immense cimetière".

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 27 Juillet 2015

Suite de mes recherche
- Un article en français sur Wikipédia :


Opérations en 1941 :

[...]
"Comme les bases navales à Riga et Liepāja furent perdus lors de l’avancée allemande, la marine soviétique se retira à Tallinn, qui se rendit à la fin du mois d’août, forçant les Soviétiques à évacuer par la mer. Pour empêcher cela, les marines allemande et finlandaise mouillèrent 2 400 mines, les ajoutant aux 600 déjà présentes dans les couloirs maritimes au large de Tallinn. L'artillerie allemande fut déplacée dans la péninsule de Juminda et les torpilleurs finlandais et allemands furent mis en alerte. L'évacuation soviétique mit en œuvre 160 navires, qui transportèrent 28 000 personnes (dont les dirigeants communistes et leurs familles, le personnel de l'armée et de la marine, et 10 000 Estoniens) et 60 000 tonnes de matériel. L'évacuation débuta dans la nuit du 27 août 1941 , en même temps que les premières troupes allemandes entraient dans Tallinn . Lors de l'embarquement ,des navires étaient constamment soumis aux attaques des bombardiers et de l'artillerie allemande, qui continuèrent leurs attaques jusqu’à ce que l'armada atteignit la péninsule minée de Juminda.
Le 28 août à minuit, l'armada s’engouffra dans les champs de mines, tout en étant attaquée par des torpilleurs finlandais et allemands.
Les pertes furent lourdes, avec 65 des 160 navires perdus, et plusieurs autres endommagés. Sur les 28 000 personnes évacuées, 16 000 périrent.

Avec relativement peu de moyens, la Kriegsmarine et la marine finlandaise avait porté un coup sévère à la flotte de la Baltique soviétique, qui se retira derrière la sécurité relative

des barrières de mines et des fortifications côtières de Cronstadt."
[...]

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagnes_de_la_mer_Baltique_%281939-1945%29
































Mes photos de Juminda datent d'août 2008.




Agrandir le plan

mardi 25 août 2015

Le massacre de Maillé est désormais entré dans l'Histoire







Le Président de la République était à Maillé (Indre et Loire) le 25 août 2008 , jour anniversaire du massacre de cent vingt- quatre de ses habitants , massacre perpétré sur des civils par des soldats de la Wehrmacht en représailles aux actions de résistance locale contre l'occupant quelques jours auparavant . Ce massacre eut lieu au moment même de la libération de Paris , le 25 août 1944 .
Aujourd'hui , la Maison du Souvenir garde vivante la mémoire des victimes et propose au public de mieux comprendre l'Histoire .

Maillé est un petit village de 700 habitants à quelques kilomètres de Sainte-Maure de Touraine , entre la ligne ferroviaire Paris -Bordeaux et l'A10 .
Te souviens tu Guillaume , nous y étions allés quand tu avais 13 ans , cherchant un endroit avec des souvenirs évoquant cette tragédie , mais nous n'avions rien trouvé ! C'est maintenant chose faite , et ceux qui ne connaissaient pas l 'histoire de Maillé vont la découvrir ainsi que l'horreur que ce petit village de 500 habitants a vécu ce 25 août 1944 !

Les habitants de Maillé vivaient avec ce terrible souvenir depuis tout ce temps !
Chaque 25 août à Maillé , on commémorait tous ces morts et on se souvenait dans l’ignorance quasi-totale du pays.
Sans trace matérielle de cette histoire sanglante, Maillé souffrait de l’absence de témoignage et de la reconnaissance nationale. Malgré l’importance de ce drame, l’histoire du village, le 25 août 1944, n’était toujours pas connue du grand public .






Rien de plus normal que désormais , l'histoire de ce village martyr et pratiquement rayé de la carte (presque totalement incendié ) ce 25 août soit enfin connue de tous . 
Même si d'autres villages en France avaient subi le même sort et que le village d'Oradour sur Glane avait été choisi après la guerre pour symboliser tous ces villages martyrs , les habitants de Maillé avaient besoin d'une reconnaissance de leur propre Histoire .
Et même si cette opération peut être qualifiée de médiatique pour le Président Sarkozy, je suis heureuse de cette reconnaissance pour les habitants de Maillé et la mémoire de tous les innocents qui y ont péri un jour d'août 1944 .





« Il en va des peuples comme des individus. Sans mémoire, ils ne sont qu’une coquille vide. Un agglomérat d’hommes et de femmes que le flux du monde emporte et engloutit. »
Marek Halter

Dans le long martyrologe des victimes de l’été 1944, un massacre est resté méconnu pendant près de 60 ans. Il est pourtant impossible de ne pas s’intéresser à cette violente
action militaire de répression menée en Touraine au coeur du “Jardin de la France”.



Plus de documentation :

lundi 17 août 2015

le 20 Août 2015 , l'Estonie fêtera le 24 ème anniversaire de sa deuxième indépendance

Le Parlement estonien (Riigikogu)
et la tour de Toompea


Le 20 août est un jour férié en Estonie . 
Les Estoniens vont fêter cette année le 24ème anniversaire du retour à l'indépendance de l'Estonie ( la première indépendance date du 24 Février 1918 - le 24 Février est aussi un jour férié et est appelé Jour de l'Indépendance estonienne-).



Que s'est-il passé le 20 Août 1991 ?

"Le processus qui mena à la seconde indépendance de l'Estonie fut un long combat qui selon beaucoup démarre pour de bon en 1986 avec une campagne écologique contre l'ouverture d'une mine de phosphorite dans l'est du pays. Pour la première fois, la pression populaire force le pouvoir à reculer..."  
Lire la suite sur le blog :  Estonie-Tallinn




















 TV Tower -Tallinn




mercredi 12 août 2015

Le mur de Berlin est dès sa construction le symbole de la guerre froide et de la séparation du monde en deux camps






Entre 1945 et 1961, près de 3,6 millions d’Allemands quittèrent la zone d’occupation soviétique et Berlin-Est. La moitié d’entre eux choisissait Berlin-Ouest comme point de passage, ce qui posa d’importants problèmes au SED. Près d’un demi million d’Allemands franchissaient quotidiennement les postes-frontières berlinois dans les deux sens et comparaient ainsi les conditions de vie en permanence. Au cours d’une seule année, en 1960, environ 360 000 Allemands de l’Est s’installèrent à l’Ouest. La RDA se trouvait au bord de l’effondrement économique et social.

Le 15 juin 1961, le Président du Conseil d’État de RDA, Walter Ulbricht, déclarait personne n’a l’intention de construire un mur . Puis vint la déclaration officielle du 12 août 1961 par le conseil des ministres de RDA: «Afin de mettre un terme aux activités hostiles du revanchisme et militarisme de l’Allemagne de l’Ouest et de Berlin-Ouest, un dispositif de contrôle des frontières, tel qu’il est pratiqué par tous les états souverains, sera mis place à la frontière de la RDA, y compris sur la délimitation avec les secteurs d’occupation occidentaux à Berlin.»


Au petit matin du 13 août 1961 , un dimanche, des barbelés et des barrières provisoires furent déployés à la frontière berlinoise entre les secteurs d’occupation Est et Ouest. Les pavés des axes de circulation entre les deux moitiés de la ville furent retournés afin d’interrompre immédiatement le trafic. Les unités de la police populaire, de la police ferroviaire et des milices ouvrières fermèrent la frontière à la circulation.


Dans les jours qui suivirent, les barbelés furent remplacés par un mur en pierres de taille importante, construit par des maçons est-berlinois, sous l’étroite surveillance des gardes-frontières de RDA. Les portes et fenêtres des façades d’immeubles furent murées et intégrés dans le dispositif de séparation des deux moitiés de la ville, à l’image de la Bernauer Straße, où les trottoirs faisaient partie du quartier Wedding (Berlin-Ouest), et les immeubles du quartier Mitte (Berlin-Est). Les riverains ne pouvaient désormais accéder à leurs logements que par le côté cour des immeubles, situé à Berlin-Est. Dès 1961, de nombreux appartements furent évacués de force, dans la Bernauer Straße et dans d’autres rues limitrophes.


Des rues, des places et des maisons furent ainsi séparées d’un jour à l’autre et certaines lignes de métro et de RER interrompues. Le soir du 13 août 1961, le bourgmestre régnant de Berlin, Willy Brandt, déclarait devant la chambre des députés: «(...) Sous le regard de la communauté mondiale des peuples, Berlin accuse les séparateurs de la ville, qui oppressent Berlin-Est et menacent Berlin-Ouest, de crime contre le droit international et contre l’humanité (...).»


Le 25 octobre 1961, le poste-frontière Checkpoint Charlie fut le théâtre d’une confrontation historique entre blindés soviétiques et américains. Des gardes-frontières de RDA avaient exigé de contrôler des membres des forces alliées occidentales, qui désiraient se rendre en secteur soviétique. Cette mesure était attentatoire au droit de libre circulation, dont bénéficiaient tous les membres des forces d’occupation. Pendant trois jours, les chars des deux grandes puissances nucléaires, séparés de quelques mètres seulement, ont ainsi pointé leurs canons l’un sur l’autre. Enfin, le retrait mutuel fut ordonné et la libre circulation par le poste-frontière Checkpoint Charlie rétablie.

Par la suite, le dispositif frontalier fut renforcé et les contrôles perfectionnés. Le mur intra-urbain, qui séparait Berlin-Ouest de Berlin-Est, avait atteint une longueur totale de 43,1 kilomètres. La partie du dispositif qui séparait Berlin-Est de Berlin-Ouest comprenait 111,9 kilomètres. Plus de 100 000 Allemands de l’Est tentèrent de fuir leur pays en passant la frontière entre la RDA et la RFA ou le mur de Berlin. Des centaines de fugitifs trouvèrent la mort lors de leurs tentatives de passage ou furent abattus par les garde-frontières de RDA.



Source :http://www.berlin.de/mauer/geschichte/index.fr.html




















 

lundi 10 août 2015

10 août 1539 :Ordonnance de Villers-Cotterêts





En l'an 1539, furent créées les bases de notre état civil et le français institué comme langue officielle de l'administration .
Entre le 10 et le 15 août 1539 , le roi François 1er signe une ordonnance de 192 articles dans son château de Villers-Cotterêts.
Cette ordonnance très importante institue en premier lieu ce qui deviendra l'état civil en exigeant des curés des paroisses qu'ils procèdent à l'enregistrement par écrit des naissances, des mariages et des décès. Une innovation dont les généalogistes mesurent pleinement la portée !L'ordonnance établit par ailleurs que tous les actes légaux et notariés seront désormais rédigés en français. Jusque-là, ils l'étaient en latin, la langue de toutes les personnes instruites de l'époque.

Alban Dignat


Une administration plus accessible
L'ordonnance de Villers-Cotterêts, qui a été rédigée par le chancelier Guillaume Poyet, est parfois connue sous le nom de Guilelmine.
Son article 111 énonce joliment :
«Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l'intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel et non autrement».


De cet article, il découle que tous les sujets du roi pourront comprendre les documents administratifs et judiciaires.... sous réserve néanmoins qu'ils lisent et écrivent la «langue d'oïl» pratiquée dans le bassin parisien et sur les bords de la Loire.
 
 
Comment le français a séduit les élites

L'ordonnance de Villers-Cotterêts est d'autant plus importante qu'à la différence de la plupart des autres nations européennes (Angleterre, Allemagne, Espagne....), la France est une construction politique sans unité linguistique à l'origine.
Les élites du royaume, conscientes de cette faiblesse, n'ont pas attendu l'ordonnance pour faire leur la langue française, même dans les provinces les plus éloignées, et ainsi se rapprocher du pouvoir central. Ainsi, en 1448, peu après sa création, le Parlement de Toulouse décide de son propre chef qu'il n'emploierait plus que la langue d'oïl dans ses travaux et ses écrits, bien que cette langue fût complètement étrangère aux parlementaires et à leurs concitoyens ; plus étrangère que peut l'être aujourd'hui l'anglais pour les Français !
Notons aussi que le premier acte notarié en français a été rédigé en 1532 (sept ans avant l'ordonnance de Villers-Cotterêts) à... Aoste, sur le versant italien des Alpes !


Le recul du latin
L'ordonnance de Villers-Cotterêts coïncide avec l'éveil, partout en Europe, des langues nationales. C'est ainsi que le 18 août 1492 , l'humaniste Antonio de Nebrija publie une Grammaire castillane. Cette première grammaire de langue vernaculaire éditée en Europe témoigne d'un premier recul du latin.
Le latin va néanmoins demeurer longtemps encore la langue des échanges internationaux. C'est en latin qu'écrivent et communiquent les humanistes du XVIe siècle comme Érasme. C'est aussi en latin que communiquent les hauts représentants de l'Église catholique. Soucieuse de son universalité, celle-ci restera attachée à l'emploi du latin dans les offices jusqu'au concile de Vatican II. Dans les États autrichiens et en Hongrie, où cohabitent des peuples très divers, le latin va demeurer la langue administrative jusqu'au tournant du XIXe siècle, ce qui aura l'avantage d'éviter des querelles de préséance (l'anglais joue le même rôle aujourd'hui dans l'Union indienne).

Comment le français a conquis le peuple
Dans La mort du français, un essai passionné autant que passionnant publié en 1999, le linguiste et écrivain Claude Duneton rappelle que l'anglais, l'allemand, le castillan ou encore le toscan, qui sont aujourd'hui les langues officielles du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Espagne et de l'Italie, étaient déjà comprises par la majorité de la population, dans ces pays, au XVe siècle, avant que Chaucer ne jette les bases de la langue anglaise moderne ou que Luther ne traduise la Bible en langue allemande.
Rien de tel en France ! À l'exception de l'Ile-de-France et du val de Loire, toutes les provinces ont usé dans la vie quotidienne, jusqu'au début du XXe siècle, de langues plus ou moins éloignées du français de Paris.
L'unité linguistique n'a été à peu près achevée qu'au milieu du XXe siècle, grâce à l'attrait qu'exerçait le pouvoir central sur les élites locales et à la pression exercée sur les enfants du peuple par les fonctionnaires et les instituteurs de l'école laïque.
De vieilles personnes se souviennent encore du bâton que le maître mettait le matin entre les mains du premier enfant surpris à «parler patois» (ou breton, alsacien, basque, flamand, ou corse, picard, ou provençal,...). Le porteur devait à son tour donner le bâton au premier camarade qu'il surprendrait lui-même à «parler patois». À la fin de la journée, le dernier porteur de bâton était puni. Ce procédé inquisitorial s'est révélé très efficace pour faire de la langue française le patrimoine commun et le principal facteur d'unité du peuple français.

Source : Herodote.net

mardi 21 juillet 2015

Haapsalu , côte ouest de l'Estonie

Kuursaal à Haapsalu
juillet 2012


Je suis allée deux fois à Haapsalu ,en mars 2011 et en juillet 2012 : temps gris et froid avec des restes de neige en mars 2011, mais bien plus chaud et ensoleillé en juillet 2012 .Je vous conseille d'ailleurs de visiter cette charmante ville en été .

Haapsalu (anciennement Hapsal) est une ville de la côte Ouest de l'Estonie, dans la province de Läänemaa .Sa population est d'environ 11 000 habitants. Elle est située à 100 km à l'ouest de Tallinn .
C'est une ville thermale et une station balnéaire très populaire en Estonie.
Elle est surnommée la Venise de la Baltique .
La ville a été fondée entre 1260 et 1270, sous le nom suédois d’Hapsal, dénomination qu'elle conservera jusqu'à l'indépendance de l'Estonie en 1918.
Elle était une importante mission de l'évêque suédois de l'île d'Oesel-Wiek, jusqu'à la Réforme protestante et fut érigée en ville diocésaine.
Les premières chartes datent de 1279 et le château d'Hapsal, lieu de résidence de l'évêque, fut construit à cette époque. La ville fut alors colonisée par les Allemands, les Danois et les Suédois (qui émigrèrent tous après la Seconde Guerre mondiale).
Elle fut visitée par Pierre le Grand en 1715 et entra dans l'Empire russe, vainqueur de la Suède, en 1721. Elle fit partie du gouvernement de Reval, renommé gouvernement d'Estland en 1796 et était un chef-lieu de district.
Elle était réputée pour ses bains de boue et fut un lieu de villégiature de l'aristocratie pétersbourgeoise.
Tchaïkovski et Nicolas Roerich y vinrent en vacances et fréquentèrent le Kuursaal*, construit en 1898. La ville est célèbre pour ses jolies villas Jugendstil. La gare Art Nouveau, construite en 1907, reliait Hapsal à Saint-Pétersbourg. Elle est aujourd'hui un musée.
*Kuursaal 
Ce bel édifice en bois ,élevé au bord de l'eau en 1898,était à la Belle Époque,le centre de la vie mondaine. Un orchestre s'y produisait chaque jour en saison,et les vacanciers s'y retrouvaient pour danser et échanger quelques propos mondains... Bien restauré,le lieu a retrouvé sa vocation première et une partie de son lustre d'antan.

Un kursaal, mot tiré de l'allemand et signifiant "salle de cure", est un bâtiment de loisirs, typique de l'architecture du Nord de l'Europe du XIXe siècle, souvent bâti dans les stations thermales puis, plus tardivement, dans les stations de bord de mer, dont il est, avec le centre de soins, l'élément le plus représentatif.


 La forteresse d'Haapsalu
2 avril 2011



En parcourant les ruelles du vieil Haapsalu , on découvre un grand nombre de maisons de bois , certaines pimpantes et fraîchement rénovées toisant fièrement leurs voisines à l'allure quelque peu défraichie.
Nos pas nous amènent sur la place du château (Lossi plats) ,où se dresse ce qui reste de la forteresse. Le château épiscopal (Piiskopilinnus) dont la construction a été commencée en 1279 pour protéger la cathédrale ,s'est agrandi avec les évêques successifs ,jusqu'au dernier d'entre eux ,Johannes Kievel(1515-1527).
A son époque ,la forteresse était ceinte de murailles d'une quinzaine de mètres de hauteur. Dégradée lors de la guerre de Livonie, puis réaménagée par les Suédois qui envisageaient d'y édifier un palais ,elle fut finalement démantelée par Pierre le Grand au cours de la guerre du Nord.
Malgré ces vicissitudes et les outrages du temps ,le château ,qui a conservé une bonne partie de ses murailles et quelques tours, a encore fière allure .
Deux tours sont accessibles ,dont celle de la Dame Blanche (Valge Daam).


Histoire de la Dame Blanche d'Haapsalu 

Ayant eu le malheur de s'éprendre d'une beauté locale,un chanoine de la forteresse reçoit sa belle (déguisée en garçon ,toute présence féminine étant interdite dans l'enceinte du château) chaque soir dans sa cellule. Et ,bien entendu, les deux tourtereaux sont pris en flagrant délit. Tandis que le chanoine coupable est enfermé dans le donjon, la jeune fille est emmurée vive dans la muraille du baptistère en cours de construction.
Mais son âme ne trouve pas le repos: et c'est ainsi que chaque année  en août ,les nuits de pleine lune,depuis la tour située en face du baptistère ,les amateurs de fantômes se réunissent dans la tour de la Dame Blanche pour voir apparaître une silhouette blanche qui erre à la recherche de son amour perdu.



 La forteresse d'Haapsalu 
Juillet 2012

 La forteresse d'Haapsalu 
 avril 2011



Kuursaal à Haapsalu
 avril 2011


Kuursaal



Kuursaal



Kuursaal










Association Francophile d' Haapsalu , Estonie : est un blog qui a pour objectif de vous faire découvrir Haapsalu, charmante et romantique petite ville d'Estonie. Tourisme, visite, hébergements, restaurants...tout ce que 'on peut faire sur une journée, deux jours...ou plus !



Sources :
Guide Michelin Pays baltes

lundi 13 juillet 2015

14 juillet 1790 , La Fête de la Fédération

Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars


Le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération commémore le premier anniversaire de la prise de la Bastille. Les représentants des 83 départements fraternisent sur le Champ de Mars...


La Fête nationale en France
 
Conformément à une longue tradition républicaine, le 14 juillet est fête nationale et jour chômé en France.

C'est l'occasion d'un défilé militaire sur les Champs-Élysées en présence du président de la République et de tous les corps constitués ainsi que d'un feu d'artifice et de bals populaires dans toutes les villes (en certains lieux le 13 au soir, en d'autres le 14).


Tout commence le 14 juillet 1790, quand les Français célèbrent le premier anniversaire de la prise de la Bastille par une grande fête sur le Champ de Mars. Y participent dans l'enthousiasme 260.000 Parisiens ainsi que le roi, la reine et des délégués de tous les départements. Cette Fête de la Fédération consacre le succès éphémère de la monarchie constitutionnelle.


La célébration du 14 juillet est ensuite délaissée, et même abandonnée sous la Restauration monarchique, de 1815 à 1848.


Sous la IIIe République enfin, le 6 juillet 1880, sur proposition de Benjamin Raspail, la Chambre des députés «adopte comme jour de fête nationale annuelle le 14 juillet». La journée donne lieu à une grande revue militaire, d'abord sur l'hippodrome de Longchamp puis sur les Champs-Élysées, afin de manifester avec éclat la volonté de revanche sur la défaite de 1870-1871.

Le comble de la ferveur patriotique sera atteint le 14 juillet 1919, avec le défilé de la Victoire...

Je vous renvoie aussi à mon post du 14 juillet 2009 intitulé "le 14 juillet pour les nuls"

Source : http://www.herodote.net/almanach/jour.php?ID=1341