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jeudi 13 juillet 2017

"Le 14 Juillet pour les nuls" ou que commémore-t-on exactement pour notre Fête Nationale ?

 

14 juillet : Fête Nationale française
ou
le 14 Juillet 1790 

Quand je pense au 14 juillet , je ne peux m'empêcher de me rappeler ce que m'avait raconté mon père il y a bien longtemps (dans les années 80 ) .
Le journal régional de la région Poitou-Charentes ,qui s'appelait FR3 à l'époque , avait fait un reportage la veille du 14 juillet , interrogeant la population sur ce que représentait pour eux le 14 juillet . Mon père avait entendu certains répondre (plutôt des jeunes ) qu'ils ne savaient pas ou avaient oublié . D'autres disaient que c'était la Fête Nationale ,mais n'en connaissaient pas l'origine .
C'est pour cette raison que j'ai décidé d'intituler ce billet le "14 juillet pour les nuls" , car je me dis qu'il y a certainement encore quelques personnes qui ne savent pas l'origine exacte du 14 juillet ... ou qui l'ont oubliée .

Voici donc l'Histoire , car c'est bien de notre Histoire de France qu'il s'agit . J'ai trouvé ces quelques lignes en recherchant des éléments sur cette période très importante de notre Histoire de France :

"Le 14 juillet , on ne commémore pas ,comme certains le pensent la prise de la Bastille : la République célèbre la Première Fête de la Fédération, qui eut lieu le 14 juillet 1790.
La Fête de la Fédération eut lieu le 14 juillet 1790, pendant la Révolution française, un an jour pour jour après la prise de la Bastille. Les fédérés défilèrent avec leurs tambours et leurs drapeaux ; ils étaient 100 000, y compris ceux de Paris. Les Parisiens prirent place sur les talus que l’on avait élevés autour de l’esplanade. Louis XVI arriva de Saint-Cloud et prit place dans le pavillon dressé devant l’École militaire. La participation de la foule fut immense, très enthousiaste, malgré le mauvais temps. La messe est célébrée par Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun. La Fayette, en grand uniforme, arriva sur un cheval blanc et monta sur l’estrade. Louis XVI prêta serment à la Nation et à la loi, la multitude le répéta et l’on entonna un Te Deum , puis on se sépara au milieu des embrassements et des vivats dont beaucoup s’adressaient à Louis XVI.
C’est le 6 juillet 1880 que le 14 juillet devint officiellement jour de la Fête nationale française, sur proposition du député Benjamin Raspail, en mémoire de la fête de la fédération. »

Quant à la prise de la Bastille, les historiens de tous bords s’accordent sur un point : elle fut tout sauf glorieuse.

Ci-dessous, un article très intéressant de François Brigneau, paru dans le Libre Journal de la France Courtoise, n° 299, du 22 juillet 2003 :
"Contrairement à ce que croit la majorité des Français, le 14 juillet n’est pas la fête de la France. En choisissant cette date anniversaire de la prise ou, plus exactement, de la "surprise "de la Bastille, le Nouveau Régime ne fête que son imposture originelle. Il célèbre une falsification historique. Il glorifie un crime de guerre civile.
La Bastille n’était pas le symbole de l’oppression royale qu’en ont fait les historiens de la République. Elle servait peu, et rarement contre le peuple. De 1782 à 1789 on n’y compta, en moyenne, que douze prisonniers par an, tous ou presque nobles ou bourgeois. Le 14 juillet 1789, il ne s’en trouvait que sept : quatre escrocs à la fausse lettre de change ; un Irlandais enfermé pour démence depuis sept ans ; un autre fou, embastillé depuis 1759, et le comte de Soulages que son père fit incarcérer pour « crimes atroces et notoires ».
A l’origine, la Bastille était une des portes de Paris, la porte Saint-Antoine, chargées de défendre la ville. Huit tours rondes, hautes de quatre et cinq étages, en faisaient une forteresse. Devenue prison, elle conserva son gouverneur et sa garnison. En 1789, celle-ci était forte de 127 hommes, occupés surtout aux services. Quinze canons, placés au faîte des tours, servaient à tirer des salves et ne pouvaient braquer en bas. Placées à l’entrée, trois pièces de campagne rappelaient la vocation première de la Bastille. Enfin, la troupe disposait de douze fusils de rempart, du modèle dit « amusettes du comte de Saxe» , dont six avaient rendu l’âme. Bref, rien qui pût inspirer une haine farouche entraînant l’insurrection.
La Bastille comptait si peu dans le système répressif du gouvernement du roi que sa démolition était décidée. Le sieur Corbet, inspecteur de la Ville de Paris, avait déjà dressé le plan de la place Louis XVI qui devait lui succéder. On peut le voir au musée Carnavalet.
Lors de l’assaut dont l’héroïsme continue, après deux siècles, à faire l’admiration des foules, la puissance de feu de la garnison ne s’exprima que par un seul coup de canon. Il n’y eut pratiquement pas de combat. Beaucoup d’assaillants succombèrent en tombant dans les fossés, poussés par l’enthousiasme et la boisson. D’autres se tuèrent par maladresse. La Bastille se rendit quand les canons de l’émeute furent pointés sur la porte d’entrée. Croyant à la promesse qu’il ne serait fait aucun mal à la garnison, M. de Launay, le gouverneur, donna les clés du petit pont-levis.
Aussitôt c’est la ruée. La populace envahit la cour intérieure. Deux invalides – soldats que l’âge et les blessures avaient rendu inaptes aux armes – sont tués. L’un est transpercé de coups de sabres et de piques. L’autre est pendu. Trois officiers sont assassinés. Dans le mouvement, la meute hurlante entraîne M. de Launay vers l’Hôtel de Ville. J’ai toujours une pensée émue pour lui quand je vais manger des solettes et boire une bouteille de chablis au « Dôme Bastille» . C’est à qui lui portera des coups de poings, de pieds, de bâtons, de crosses, de piques. Le malheureux perd son sang par vingt blessures. Le sang excite toujours la canaille. Un patriote, encore plus patriote que les autres, prend son courage à deux mains. Il lui décolle la tête du tronc, l’embroche à la pointe d’une pique et la montre à la foule, dans les clameurs.
Trois jours durant, la tête de ce pauvre M. de Launay fut promenée dans Paris, au-dessus d’un écriteau où l’on pouvait lire « M. de Launay, gouverneur de la Bastille, traître et parjure au Peuple» . En 1989, au cours des festivals du Bicentenaire, on se demande pourquoi nous n’avons pas eu droit à la reconstitution de cet épisode. Les intermittents du spectacle n’auraient pas fait grève. En émeutiers, ils auraient montré une sincérité bouleversante.
Convenons cependant qu’il n’y avait pas de quoi faire une fête nationale."
 

François Brigneau




Bon 14 juillet à tous !











source : http://fr.novopress.info/111157/la-prise-de-la-bastille-par-francois-brigneau/