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lundi 22 août 2016

Raimond Valgre, un compositeur et musicien estonien






Un petit intermède "nostalgique" et un retour au début du XXè siècle , avec Raimond Valgre ,un musicien estonien que j'ai découvert en recherchant des chansons de Liisi Koikson , une chanteuse-compositeur contemporaine estonienne .
Sa musique me rappelle celle que mes parents écoutaient à la même époque .

Raimond Valgre (né sous le nom de Raimond Tiisel ) - 7 Octobre 1913 / 31 Décembre 1949 - est un compositeur et musicien estonien, dont les chansons sont parmi les plus connues en Estonie.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale , il devint un des membres de l'orchestre de la 8ème Estonian Rifle Corps (formation de l'armée soviétique) .





Conscient des horreurs qui eurent lieu sur le Front de l'Est, le compositeur souffrit d' alcoolisme et s'effondra moralement après la guerre. Sa musique a été interdite à partir de 1948 par les autorités soviétiques . 
Raimond Valgre est mort le 31 Décembre 1949.

La renaissance de Raimond Valgre commença dans les années 1980 , alors que l'Estonie était encore sous le joug soviétique , grâce à la chanteuse de jazz arménienne Tatevik Oganesyan , celle-ci ayant inclus "Un peu d' histoire dans la Musique" de Valgre dans son album "Day Dream".

D'autre part ,un long métrage sur la vie de Raimond Valgre "Those Old Love Letters " est sorti en 1992.

Au Concours Eurovision de la chanson 2002 ,les présentateurs Annely Peebo et Marko Matvere interprétèrent " Un peu d' histoire dans la musique" de Valgre ("A Little Story in the Music") .
Et en 2001, le guitariste Francis Goya a enregistré douze chansons du compositeur Raimond Valgre , parues dans l'album "Heureux de vous rencontrer ,Mr Valgre ".

Francis Goya


Francis Goya
 
Mars 2001, premiers concerts en Estonie :
C'est après vingt ans de succès en Europe de l'est que Francis Goya fut invité en mars 2001 à donner un concert Estonie, au Philharmonic Hall de Tallinn ,accompagné par l'Orchestre de chambre du Philharmonic, dirigé par Jean-Luc Drion pianiste et chef d'orchestre, complice de Francis depuis plus de trente ans. 
Ce premier concert remporta un tel succès que Francis dut prolonger son séjour en Estonie afin de donner un second concert le lendemain au même Philharmonic Hall. 
Après cette première expérience en Estonie, Francis décida d'enregistrer un album instrumental comprenant des œuvres écrite par le grand compositeur Estonien "RAIMOND VALGRE". Cet album remporte actuellement un très grand succès en Estonie.
Son site : http://www.francisgoya.com/

 
J'ai découvert Raimond Valgre par hasard grâce à la vidéo d'une de ses chansons : 
"Veel viivuks jää " ,interprété par Liisi Koikson et Mart Sander . 
La chanson , dont les paroles sont en estonien au début ,se termine en allemand .






Voici la traduction approximative en français (c'est une traduction presque "mot à mot", un peu "arrangée" par moments ).

Le titre : Reste avec moi pour un instant

Le printemps apporte les roses
La joie commence et le coeur est jeune
La tête est pleine de milliers d'idées.

Le ciel au fond brille comme la braise
Le lilas sent bon dans la nuit brumeuse...
C'est bien d'être avec toi

Refrain
Reste avec moi pour un instant, mon amour ,
Reste avec moi juste pour un instant,
Ta silhouette est fragile et ton regard gentil .
Ces yeux ,qui sait quand je vais les revoir ?

Reste avec moi pour un instant ,mon amour ,
Garde pour un instant charme ,gentillesse et chaleur ,
Le printemps est triste sans toi .


Et pour finir, "ma" traduction , en essayant d'être un peu moins "mot à mot":

Reste avec moi encore un instant !

Le printemps apporte les roses ,
Le bonheur revient dans nos jeunes cœurs
Les têtes sont pleines de mille projets.

Dans le lointain, le ciel brille de mille feux ,
Le lilas sent si bon dans la nuit embrumée ,
Quel bonheur d'être avec toi!

Refrain
Reste avec moi encore un instant, mon aimée ,
Reste avec moi encore juste un instant ,
Ta silhouette est si fragile , ton regard si tendre,
Je regarde tes yeux et ne sais
Quand je vais les revoir ?

Reste avec moi encore un instant, mon aimée ,
Arrête le temps pour ces moments remplis de charme ,d'amour et de chaleur,
Le printemps est si triste sans toi !





vendredi 12 août 2016

Les falaises calcaires de la péninsule de Pakri ,près de Paldiski - nord-ouest de l' Estonie - (29 mars 2011)


Péninsule de Pakri 

Après les chutes de Keila-Joa ,direction Paldiski pour admirer la mer Baltique gelée depuis les  falaises calcaires qui s'élèvent le long de la péninsule de Pakri.
Nous traversons Paldiski, ville portuaire, ancienne base de sous-marins nucléaires soviétiques. De nombreuses barres de vieux immeubles (datant de la dernière occupation soviétique) ,dont certains semblent "restaurés"( les façades ont été repeintes), bordent les rues de la ville . L'occupation soviétique a laissé des traces , la ville est triste , on devine beaucoup de  pauvreté.


Paldiski est située sur un péninsule à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Tallinn. Sa situation géographique en a fait un lieu privilégié pour abriter un port. Dès 1716, Pierre le Grand, aidé de son ingénieur militaire Abraham Hannibal (l'arrière grand-père maternel du poète Pouchkine), en ont fait un port militaire.
Paldiski a été détruite en 1944 par les Allemands. Les Soviétiques en ont fait par la suite une base de sous-marins nucléaires. Ils ne repartiront qu'en 1994 avec le retrait de l'armée rouge. Le paysage urbain et militaro-industriel ainsi que l'odeur qui se dégage des raffineries découragent les plus courageux à se tremper les pieds dans l'eau.





  



A la sortie de la ville , la route nous emmène vers la pointe de la péninsule (Pakri pank). Nous apercevons  les falaises de calcaire . Elles sont parmi les plus élevées d'Estonie .

Ces falaises font partie des biens soumis à la liste indicative des sites demandant à être inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO : http://whc.unesco.org/fr/etatsparties/ee/

Un court arrêt pour prendre quelques photos . Il fait très froid , le vent est glacial ,difficile de rester longtemps dehors ! 
Nous repartons direction Tallinn pour nous mettre au chaud .
























Agrandir le plan


samedi 9 avril 2016

Souffle de poésie

Un petit village typique , ayant inspiré cette poésie : Angles sur l'Anglin ,
aux confins du Poitou et du Berry


Suite au post "l 'Europe aux neuf langues" du 24 juillet dernier, je ne peux résister au plaisir de partager une poésie qu'avait écrite mon père en janvier 1988 . Elle a été publiée le 18 janvier 1988 dans le "Journal du Jura" et s'intitule "Souffle de poésie".



"Quand il t'arrive,amie,de parler de la France
Aux  filles et aux garçons qui ne savent rien d'elle,
Laisse donc là tes livres et oublie Fontenelle,
Rimbaud et Mallarmé !... Alors , dans le silence,
Mets toi à fredonner la chanson que jouait,
Aux terrasses des bars ,quand venait le printemps,
L'accordéon moqueur,celui que tu aimais,
Là-bas sur le vieux port. Rappelle-toi les gens
De la petite ville ,les gosses endimanchés
Au sortir de l'église,et le fils du boucher
Sifflant,à bicyclette,quand il allait livrer
Ses rôtis ficelés. Souviens-toi de René,
Au bistrot de la place ,qui passait ses soirées
A écrire des poèmes sur le marbre écaillé
Du guéridon repeint. Et n'oublie pas Andrée,
Celle qui te coiffait en disant des histoires
Qui te faisaient sourire. La France, c'est Chénier,
C'est Chamfort,c'est Degas,c'est sans doute Renoir,
Mais c'est aussi Léon affichant le tiercé .
C'est le petit village, perdu dans ta mémoire,
Avec ses marronniers,ses pêcheurs à la ligne
Figés au bord de l'eau,dessous les peupliers ;
C'est le petit vin frais venant tout droit des vignes
Du fermier bordelais. C'est le Causse oublié
Et c'est l'accent de Nîmes !... Mais ,vois-tu, c'est assez,
C'est assez pour comprendre le Roman de Renard,
Cent pages de Balzac,un poème de Musset,
La vie de tous les jours au pays de Ronsard !"

                                                        Jacques Alibert

vendredi 8 avril 2016

L'Europe aux neuf langues ( 22 juin 1989 )

Pour voir la carte montrant l'évolution des pays membres de la CEE (de 1957 à 1993) puis de l'Union européenne, animée selon l'ordre d'adhésion , cliquez sur le lien suivant : http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_europ%C3%A9enne



Voici un article que mon père avait écrit dans la tribune libre du Centre-Presse ( quotidien de la Vienne) du 22 juin 1989 . Il s'intitule "l'Europe aux neuf langues" .
Cet article montre la vision de l'Europe du futur que pouvait avoir un citoyen européen en 1989.
Je précise pour comprendre certaines annotations faites dans l'article ,que mon père était linguiste ,enseignait deux langues ,l'espagnol et le portugais et parlait aussi couramment l'anglais et l'allemand .


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"Au lendemain des élections au Parlement européen (18 juin 1989),il peut être intéressant d'évoquer un problème difficile à résoudre lors de la réalisation d'une Europe unie : c'est celui des langues de la communauté .
On ne cesse de parler de questions économiques, politiques et financières ,mais que fait-on des Européens ? Pour gagner la paix et la prospérité européennes , n'est- il pas nécessaire ,avant tout,de créer "l'Europe des cœurs" pour effacer méfiance et préjugés ? 

Il faut donc que les douze peuples de la communauté se comprennent intimement. Or ,l'Europe de la CEE (de 1989) ( République fédérale d'Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas ,France, Luxembourg,Royaume-Uni, Danemark ,Irlande , Grèce , Espagne et  Portugal ) est riche de neuf langues ( l'Anglais , l'Allemand , l'Italien, le Français ,le Danois , le Portugais , l'Espagnol,le Grec et le Néerlandais ), de neuf cultures irremplaçables .Il est facile ,aussi bien dans les discours que sur le papier ,d'affirmer qu'une langue véhiculaire aplanira les difficultés linguistiques .Sans doute les technocrates n'auront -ils aucun mal à se comprendre ,eux qui travaillent froidement à coups de chiffres et de manipulations d'ordinateurs .
Si les États-Unis d'Amérique ont pu réaliser l'union, de Los Angeles à Philadelphie ,si tous les habitants des USA pensent et sentent dans la même langue ,il n'en va pas de même des Européens .La sensibilité italienne est différente de la néerlandaise,la pensée d'un Français n'est pas la même que celle d'un Grec ,et les réactions affectives d'un Allemand sont éloignées de celles d'un Portugais .
Miguel de Unamuno a écrit que "la langue est le sang de l'esprit ". Demandons à nos compatriotes linguistes combien de temps leur a été nécessaire pour pénétrer les arcanes des peuples dont ils étudient les langues ? Et ,parmi nos hommes politiques , combien sont parfaitement bilingues ou trilingues ,combien de nos députés européens sont capables de s'entretenir -sans interprète ou sans traduction simultanée - avec un député danois ou un parlementaire italien ?
On nous démontrera,bien entendu ,que le problème est mal posé et qu'une langue véhiculaire fera bien l'affaire . Acceptons-en l'augure ,mais l'eau coulera encore longtemps sous les ponts de la Loire ,du Rhin et de l'Ebre avant que le cultivateur beauceron puisse discuter -sans intermédiaire- des problèmes agricoles avec un paysan calabrais . Car c'est bien de cela qu'il s'agit : compréhension directe entre les hommes exerçant le même métier .
Une langue véhiculaire est toujours artificielle ,alors qu'une langue maternelle est faite non seulement de sons,mais aussi d'attitudes et recouvre un art de vivre qui la rend intime,profonde, incomparable. L'exemple de l'URSS ,où le Russe est la langue véhiculaire de trente trois peuples parlant des langues aussi différentes que l'Arménien , l' Estonien ,le Yakoute ou le Moldave , n'est pas concluant .En dépit des efforts du pouvoir central ,depuis soixante-douze ans ,derrière chaque langue apparaît un nationalisme peut-être désuet mais toujours présent .(on se souvient que quatre mois et demi après l'écriture de cet article , se produisait la chute du mur de Berlin - 9 novembre 1989 - qui annonçait la mort prochaine de l'URSS et du communisme .Sans aucun doute , les divers nationalismes qui étaient toujours vivants dans les nations sous le joug de l'URSS ont joué un rôle primordial et moteur dans la revendication d'indépendance de ces nations ...)

L'anglais est la langue, fréquemment citée ,pouvant devenir le véhicule des idées dans l'Europe de demain . On remarquera ,cependant ,que l'anglais est la langue d'un pays qui a montré bien des réticences à s'intégrer dans le concert des peuples de notre vieux continent et qui a mille affinités avec les USA dont nous cherchons à nous démarquer économiquement parlant .
Chacune des douze nations voudra garder sa langue et sa culture.On cite volontiers l'exemple de la Confédération helvétique que l'on a comparée à une petite communauté européenne avec ses quatre langues : allemand ,français, italien et romanche .
J'aimerais rapporter ce qu'écrit Claude Torracinta dans la préface de son livre : "La Suisse aux quatre langues"(édition française,Editions Zoé, Genève 1985 ,page 9 ):
"dans un pays où l'histoire offre vingt-cinq versions différentes et où l'unité nationale se fonde sur un enchevêtrement subtil de multiples rapports majorité-minorité qui se complètent et s'annulent, la frontière des langues constitue une barrière souvent difficilement franchissable. Disons le clairement,la majorité des Suisses ne se comprennent pas ou mal ". Mais l'auteur continue, nuançant son propos :
"Oui, nous nous comprenons mal. Et le miracle ,c'est que ,malgré cela ,nous ayons réussi à vivre ensemble et à nous entendre depuis si longtemps ."
Pourtant, il ne manque pas de faire preuve d'un certain pessimisme... "si cette diversité linguistique a été une chance et même une richesse pour la Suisse ...la question se pose de savoir si elle ne deviendra pas un jour source de malentendus et de conflits ."
On objectera que la Suisse n'est pas la CEE et que les problèmes sont différents à Strasbourg et à Berne. Acceptons ,néanmoins,le fait que neuf langues et neuf cultures sont une richesse certaine pour l'Europe si elle sait éviter le piège de la prédominance du Matérialisme sur l'Esprit."
Jacques Alibert  - 22 juin  1989


La devise de l'Union européenne est :
 In varietate concordia ("Unie dans la diversité")




En lisant cet article ,on s'aperçoit que depuis 1989 , l'Europe a bien changé . 
Et l'un des plus importants changements est qu'en 27 ans ,la CEE est devenue l'Union européenne ,et que de douze pays , nous sommes passés à vingt-huit pays membres .
L'anglais est bien resté la langue véhiculaire ,c'était plus que prévisible , car quelle autre langue proposer ? Mais les citoyens de cette Europe se comprennent-ils vraiment tout à fait ou seulement à peu près,à travers une langue qui n'est la langue maternelle que des Anglais et des Irlandais ,population représentant seulement 1/7è de l'UE  ?

Un autre sujet qu'évoquait mon père était la compréhension directe entre les hommes exerçant le même métier ("Car c'est bien de cela qu'il s'agit : compréhension directe entre les hommes exerçant le même métier") : quelle réponse peut- on apporter aujourd'hui ,alors que nous sommes maintenant 28 pays formant l'Union européenne ?
Plus il y aura de pays et de langues , plus la compréhension entre les peuples sera difficile ...
 En reprenant la dernière phrase de l'article ,"acceptons ,néanmoins,le fait que neuf langues et neuf cultures sont une richesse certaine pour l'Europe si elle sait éviter le piège de la prédominance du Matérialisme sur l'Esprit" , on ne peut malheureusement que constater que le matérialisme a pris toute la place dans notre société .

Mon père était un rêveur , un idéaliste, il rêvait "d'une Europe des cœurs". Il avait peut-être raison, il fallait sans doute aller moins vite ,commencer à créer l'Europe des peuples avant de créer l'Europe du commerce ,des banques . Mais les peuples n'ont pas pouvoir de décider ,ils subissent ce que politiciens et autres puissants (banquiers, sociétés au
CAC 40...) décident pour eux .On s'aperçoit que ce qui est mis en place n'est pas toujours ce dont les peuples rêvent ,mais hélas matérialisme et profit sont aujourd'hui devenus les priorités de nos sociétés .

Cependant pour rester positive, je terminerai sur cette phrase de l'article :
"Acceptons ,néanmoins,le fait que neuf langues et neuf cultures sont une richesse certaine pour l'Europe ..." 

Alors avec 28 pays membres ,quelle richesse !
Aux peuples maintenant de continuer à prouver que ce sont justement leurs différences et leurs diversités culturelles et linguistiques qui permettent de tisser des liens .

Et c'est sans aucun doute le plus solide des ciments pour l'Union européenne .
 
 



http://www.touteleurope.eu/fr/histoire/dates-cles/les-elargissements/presentation/de-6-a-27-pays.html#c141934