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mardi 21 avril 2015

Origines et traditions du 1er Mai







Selon la tradition, le 1er mai, on offre un brin de muguet aux gens que l’on aime. Le muguet est une délicate petite fleur en forme de clochettes blanches qui sent bon l'arrivée du printemps. Il paraît même que c’est une fleur" porte-bonheur" censée apporter chance et joie jusqu'à l'année suivante. Au printemps, les clochettes du muguet sont blanches,parfois rosées . A l'automne ,le muguet donne des fruits sous la forme de petites baies rouges.

Le muguet est classé parmi les plantes à haute toxicité. Ses clochettes blanches mais aussi ses graines rouges sont extrêmement nocives voire mortelles à forte dose en cas d'ingestion. Cette toxicité provient notamment de la présence d'hétérosides cardiotoniques telles que la convallatoxine (proche de la digitaline), la convallamarine et la convallarine. Son absorption  a pour effet de ralentir le rythme cardiaque et d'augmenter la pression artérielle. En très petites doses, le muguet est utilisé dans le cadre de la fabrication de médicaments destinés au traitement de maladies cardiaques.



Tradition du muguet

Le muguet s'achète et s'offre traditionnellement le 1er mai. Cette tradition remonte à la Renaissance.  En effet, en 1561, le roi Charles IX décida d’en offrir à toutes les dames de la cour comme porte-bonheur . Comme il en avait reçu à cette même date ,l'idée lui plût et c’est lui qui lança cette bonne habitude .
Au début du XXe siècle le muguet a été associé à la Fête du travail.




 



Le 1er mai était autrefois, en Europe, dédié à l'amour. Ce jour-là, il était coutumier de se coiffer d'une couronne de feuillages et de fleurs ou d'en offrir une à la personne aimée. En témoigne la célèbre enluminure ci-dessus. Elle illustre le mois de mai dans les Très riches Heures du duc de Berry, un livre de prières réalisé au début du XVe siècle par les frères de Limbourg (aujourd'hui au musée de Chantilly).



Différentes coutumes en Europe



Les écoliers de certains régions de Belgique ou de Rhénanie cultivent encore la tradition des couronnes de feuillages. Le 1er mai donne aussi lieu à des réjouissances en l'honneur du printemps selon le rite ancestral de l'arbre de mai, que l'on retrouve dans différentes régions d'Europe.
À noter que le canton de Fribourg, en Suisse, célèbre ce jour-là le printemps avec chants et distribution de friandises aux enfants.



Étymologie

Le nom latin du muguet est : convallaria maïalis.
  
Le muguet s'appelait autrefois "lys des vallées" qui est toujours son nom en anglais : Lily of the Valley.

Le muguet est une fleur du printemps. Elle se plante en automne et fleurit en avril et en mai. Pour cueillir un brin de muguet il est préférable d'utiliser des ciseaux car il faut faire attention de ne pas arracher sa tige souterraine. Dans certaines régions cette fleur est protégée. Si on arrache ses "racines" ou plus exactement ses rhizomes qui portent les racines, le muguet ne pourra plus refleurir au prochain mois de mai. 


De la légende à la coutume

 Selon une légende grecque, Apollon aurait créé le muguet pour en tapisser le mont Parnasse, afin que ses neuf muses ne s’abîment pas les pieds en le gravissant. D’où son nom poétique de "gazon du Parnasse". Au Moyen Âge, cette fleur blanche devait être accrochée au-dessus de la porte de sa dulcinée.


Fête du Travail


Désormais dans beaucoup de pays , le 1er Mai est aussi un jour symbolique, le jour de la "Fête du travail". C’est pendant la seconde guerre mondiale, en 1941, sous le gouvernement de Vichy, que cette date fut officialisée en France. En 1947, à la Libération, le 1er Mai devient un jour férié et payé. 
Depuis, la plupart des pays d’Europe ne travaillent pas ce jour-là et tout le monde profite ainsi d’un jour de repos supplémentaire ou d'un week-end prolongé (si le 1er mai tombe un vendredi ou un lundi ) à l’arrivée du beau temps !



 


Deux autres très anciennes traditions du 1er Mai : 
Fête de Beltaine et nuit de Walpurgis


À l'époque celtique, on divisait l'année en 2 principales saisons :
- l'hiver commençait à une date que nous avons fixé au 1er novembre : Samain et le réveillon, c'est la nuit d'Halloween. 
- l'été commençait le 1er mai avec la fête de Beltaine, c'est littéralement le feu de Bel. Bel désigne le principal dieu celte Lug et exprime l'idée de lumière. On retrouve cette racine dans le nom du dieu gaulois Belenos, ou la déesse gauloise Belisama (la très brillante).  
En gaélique, la fête porte le nom de Bealtaine  
Lá na Bealtaine : premier mai

Dans les pays celtiques, on allume des bûchers la veille de Beltaine, Oíche Bhealtaine, l'opposé d'Oíche Shamhna (Halloween).
On peut constater que les deux principales fêtes celtiques, Samain le 1er novembre, et Beltaine le 1er mai, sont aujourd'hui des jours fériés.


La nuit de Walpurgis

Dans les pays germaniques et scandinaves, on fête, la veille du 1er mai, la nuit de Walpurgis. Née en Angleterre au début du VIIIe siècle, Walburge est la fille du roi saxon Richard. Elle a été envoyée en tant que missionnaire en Allemagne où elle a dirigé le couvent de Heidenheim, dans l'actuel Wurtemberg. La sainte Walburge est célébrée le 1er mai en Angleterre (mais le 25 février dans le calendrier catholique). Elle a donné son nom a des villages de France : Sainte-Gauburge dans le Perche, Sainte-Vaubourg dans les Ardennes. 
en allemand : Walpurgisnacht 
en suédois : Valborgsmässoafton  
En Suède, on fête Valborg ; mäss : messe, d'où Valborgmäss, cf. anglais Christmas ; afton : veille. 
en finnois : Vappu




Un excellent site : "Tout savoir sur le muguet"



Sources
http://www.momes.net/dictionnaire/minidossiers/muguet.html
http://www.lexilogos.com/mai.htm
http://www.herodote.net/almanach/jour.php?jour=0501
http://www.leparisien.fr/une/muguet-de-la-legende-a-la-coutume-01-05-2013-2771235.php
http://www.aujardin.info/plantes/muguet.php




Bon 1er Mai à tous !



jeudi 16 avril 2015

13 avril 1943 : Katyń , la malédiction polonaise



" Le 13 avril 1943, la radio allemande annonce la découverte d'un charnier dans la forêt de Katyń , près de Smolensk, entre Pologne et Biélorussie. Il s'agirait des restes de 4.143 officiers polonais exécutés par les Soviétiques lorsque ceux-ci s'étaient emparés en 1939-1940 de la partie orientale du pays, conformément au pacte germano-soviétique.
Pendant plusieurs décennies, les communistes persisteront à rejeter le crime sur les nazis" ... 


Une révélation gênante
 
Dès l'été 1941, après leur entrée en guerre contre l'URSS, les Allemands découvrent dans la forêt de Katyń les dépouilles de quelques centaines de jeunes officiers polonais en uniforme, assassinés d'une balle dans la nuque et jetés dans des fosses communes. Les découvertes se multiplient dans les premiers jours d'avril 1943.
Le régime hitlérien, qui vient de subir à Stalingrad une cuisante défaite, décide de porter cette découverte sur la place publique avec l'espoir de dissocier les Soviétiques de leurs alliés anglo-saxons.

 L'URSS nie immédiatement l'imputation du crime mais le gouvernement polonais en exil à Londres, dirigé par le général Wladislaw Sikorski, demande dès le lendemain une enquête de la Croix-Rouge internationale. Staline, fâché, rompt les relations diplomatiques avec lui le 23 avril.
Churchill, qui a besoin de Staline pour combattre Hitler, s'émeut de cette écharde au sein de l'alliance... Très opportunément, l'intransigeant Sikorski périt dans un accident d'avion à Gibraltar le 4 juillet 1943.
Pour plus de sûreté et afin d'affaiblir le gouvernement polonais en exil à Londres, Staline crée le 31 décembre 1943 un Comité de Libération Nationale composé de communistes polonais (il sera plus tard appelé «Comité de Lublin»). Ce comité accepte sans sourciller la version soviétique selon laquelle les massacres de Katyn seraient le fait des nazis.

Un crime réfléchi

En attendant, dès mai 1943, une commission de la Croix-Rouge mène une enquête sur place avec l'aide diligente des Allemands. Elle aboutit à la conclusion irréfutable que les massacres ont été commis en avril et mai 1940, au moment où les Soviétiques occupaient la région. Mais par souci de ne pas alimenter la propagande nazie, la Croix-Rouge garde le secret sur le rapport.
Il apparaîtra plus tard que, dès mars 1940, les hommes du NKVD (la police politique soviétique) avaient reçu du Politburo (le gouvernement soviétique) et de son chef Staline l'ordre d'exécuter comme «contre-révolutionnaires» ceux de leurs prisonniers polonais qui appartenaient à l'élite intellectuelle du pays. C'était une mesure motivée d'abord par la volonté de revanche sur la défaite subie par l'Armée Rouge en 1920, ensuite et surtout par la volonté de préparer la mainmise soviétique sur la Pologne en éliminant d'emblée les fortes têtes susceptibles de s'y opposer !
C'est ainsi que sont exécutés à Katyń plusieurs milliers d'officiers extraits du camp de Kozielsk. Des massacres similaires ont lieu dans d'autres forêts du pays... On évalue au total à 22.000 le nombre d'officiers et de jeunes gens issus des élites intellectuelles et politiques du pays sommairement exécutés dans l'ensemble de la zone occupée par les Soviétiques.






 Katyń et la guerre froide

Après la guerre, lors du procès de Nuremberg, les procureurs soviétiques tentent de faire inscrire le massacre de Katyń parmi les crimes de guerre imputables aux accusés nazis. Le tribunal se refuse heureusement à cette mascarade qui eut jeté le doute sur l'ensemble du dossier d'accusation.
Pendant plusieurs décennies, les Soviétiques et le gouvernement communiste de Varsovie vont tenter contre vents et marées d'effacer le souvenir de Katyn, allant jusqu'à ériger en symbole de la barbarie nazie un village homonyme, Khatyn, rasé par les Allemands.
Il faut attendre la fin de la guerre froide et l'année 1990 pour que Mikhaïl Gorbatchev reconnaisse enfin la responsabilité des Soviétiques.Katyń s'inscrit donc dans une longue liste d'agressions du grand frère russe à l'encontre de la Pologne. Ce lourd passé explique l'attachement de la Pologne post-communiste aux États-Unis et à l'OTAN, seules puissances capables de la protéger des menaces venues de l'est.


Quand le crime paie... 
Notons pour conclure que Staline a, d'une certaine manière, hélas, atteint son but : par le massacre délibéré des Polonais instruits, de concert avec Hitler, il a transformé le visage de la Pologne.
Celle-ci était avant la Seconde Guerre mondiale une société relativement moderne, tirée par des élites urbaines attachées à la laïcité, qu'elles fussent juives ou catholiques. Leur massacre délibéré et leur remplacement par des nouveaux venus issus du monde rural ont fait de la Pologne, en l'espace de deux générations, une société anachronique au cœur de l'Europe, attachée à la petite propriété paysanne et à une pratique religieuse traditionnelle, sinon passéiste.
Il a fallu attendre l'avènement de Karol Wojtyla (Jean-Paul II), la chute de l'URSS et l'adhésion de Varsovie à l'Union européenne pour que change cet état de fait.

Article écrit par Benjamin Fayet et André Larané sur le site de herodote.net
Vous trouverez aussi sur le site "herodote.net" une archive vidéo de l'INA sur la découverte en URSS ,à Smolensk , des corps de 10.000 prisonniers de l'armée polonaise assassinés par les Soviets le 13 avril 1943 .


Je vous renvoie aussi vers le post que j'avais fait le 7 août 2009 : en 2007, le grand cinéaste Andrzej Wajda a tiré de ce drame un film témoignage remarquable "Katyń " . Son propre père a été l'une des victimes du massacre de Katyń .


  

12 Avril 2010 :
A la veille de la date anniversaire de la découverte de la tragédie de Katyn , et 2 jours après la mort du Président polonais Lech Kaczynski dans un accident d'avion (le 10 avril 2010 près de Smolensk) , on ne peut s'empêcher de penser que"la malédiction polonaise de Katyn vient une fois encore de frapper la Pologne ,car le plus tragique est que l’avion présidentiel transportait également vers Katyn des familles des 22 000 membres de l’élite polonaise qui y avaient été massacrés par les soviétiques au printemps 1940". Propos tirés du blog "Gilles en Lettonie" .


Autre site sur le "Massacre de Katyń"