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jeudi 27 février 2014

28 février en Finlande : commémoration de la première édition du Kalevala (28 février 1835)

  Le triptyque de Aino qui illustre les premiers chants du Kalevala 
(Gallen-Kallela, Le triptyque d'Aino, 1891)



Petite visite en Finlande ,"grand-frère"de l'Estonie , le temps de ce post . 
La mer Baltique sépare ces deux pays si proches par la distance ( 80 kilomètres), mais aussi par la langue ; en effet , les langues finnoise et estonienne font partie des langues finno-ougriennes et ont donc les mêmes racines .








Le 28 février est fêté chaque année en Finlande à l'égal de la fête nationale - Itsenäisyyspäivä - qui commémore l'indépendance du pays, le 6 décembre 1917.

Le 28 février, on célèbre la journée du Kalevala pour commémorer la première édition de ce livre. 
Le Kalevala (la "terre nourricière des héros"), est un très long poème de 22795 vers répartis en cinquante chants, composé par Elias Lönnrot au milieu du XIXe siècle à partir de chants populaires finlandais de tous âges et de tous genres.

Le 28 février 1835, Elias Lönnrot, un médecin de campagne finlandais de 33 ans, publie un recueil de 32 chants inspirés des contes traditionnels de Carélie, sous le nom de Kalevala (le Pays des héros).
Fait rare dans l'histoire, les 32 chants du Kalevala sont devenus le fondement mythique de la culture finlandaise. Deux grands artistes finlandais, le peintre Akseli Callen-Kallela (1865-1931) et le compositeur Jean Sibelius (1865-1957), y ont puisé une bonne part de leur inspiration.





" Voici qu'un désir me saisit 
 L'idée m'est venue à l'esprit
De commencer à réciter,
De moduler des mots sacrés,
D'entonner le chant de famille,
Les vieux récits de notre race..." 



" 28 février 1835 : Elias Lönnrot publie le premier Kalevala ou Les vieilles chansons caréliennes du peuple finnois d'antan. 
Ce 28 février 1835, Elias Lönnrot hisse le peuple finnois au-delà de ses territoires et de sa mémoire même, à hauteur de l'humanité tout entière : la somme poétique qu'il publie, il l'a moissonnée auprès des hommes qui parlent sa langue, les obscurs, les bardes villageois, les pleureuses, les sorciers qu' à l'aube du XIXe siècle, il est parti écouter avec ses collègues ,entre lacs et forêts. Façonnés dans les limbes de la pensée humaine, chantés par plaisir et par besoin, compris par un peuple et nécessaires à son essence, ces chants n'ont guère leur semblable - et l'épopée qui en naît n'a pas d'équivalent dans l'héritage humain [...]"

C'est en  1928 qu' Elias Lönnrot eut l'idée de rassembler les légendes de l'ancienne Finlande.
Il parcourut la Finlande et la Carélie pendant les sept années suivantes, se rendant même dans les plus petits villages. Puis, il compara et adapta ces légendes pour en faire une épopée héroïque qu'il appela le Kalevala. Ce recueil s'est enrichi jusqu'à rassembler près de 23 000 vers en 1849.
En réalité, le Kalevala prend sa source en partie dans l'ancienne mythologie et en partie dans l'imagination d'Elias Lönnrot lui-même. Dans son ardeur à vouloir écrire une épopée comparable à l'Iliade d'Homère, Lönnrot a écrit des poèmes entièrement nouveaux à partir de fragments d'informations qu'il a réunis pendant ses voyages. Le Kalevala raconte une querelle entre deux peuples: les Kaleva originaires du sud de la Finlande et les Pohjola venus du nord de la Finlande et de la Laponie.
Le Kalevala a non seulement été traduit dans plus de 45 langues mais il a sans doute aussi servi de base à JRR Tolkien. Par exemple, l'histoire de Kullervo a été largement utilisée dans le Silmarillion y compris l'épée qui parle quand l'anti-héros l'utilise pour se suicider.
Il a été traduit en français par Jean Louis Perret en 1927. La traduction en prose qui a été utilisée en général dans ces fiches est celle de L. Léouzon Le Duc (1867) .

Pour lire le récit (les cinquante chants) du Kalevala dans sa totalité ,cliquez ici 



La forge du sampo.
Fresque du musée national de Finlande peintes par Akseli Gallen-Kallela en 1928 



La défense du sampo (Gallen-Kallela, 1896)




Kullervo jure de se venger de la femme de Ilmarinen 
(Gallen-Kallela, La malédiction de Kullervo, 1899)



Elias Lönnrot, l'homme à qui l'on doit le Kalevala, était un véritable puits de science : il fut explorateur, médecin, poète et linguiste.
Ce qui le poussa à rédiger le Kalevala est la conception, qu'il partageait avec le savant allemand J. G. Herder (1744-1803) qu'une nation ne peut exister sans identité culturelle bien définie. Le Grand Duché de Finlande avait été annexé par la Russie en 1809 et ne devint indépendant qu'à la Révolution russe, en 1917.
De son vivant, Lönnrot devint très célèbre grâce au Kalevala mais également à ses dictionnaires et aux journaux qu'il dirigeait. Aujourd'hui, il est considéré comme l'un des pères du finnois écrit.
La petite maison campagnarde Paikkari où il est né est la propriété du Conseil national finlandais des antiquités. Elle est aujourd'hui transformée en musée ,et est située dans la commune de Sammatti environ 75 km à l'ouest d'Helsinki.


 
Paikkari Cottage, maison natale de Elias Lönnrot








Elias Lönnrot  

                                                                                                                   
Pour terminer ce post sur la Finlande , j'ai découvert en faisant des recherches pour cet article, un très beau blog sur la Finlande : "La Finlande -mode d'emploi" : sa culture ,ses coutumes ,ses bizarreries racontées par une Finlandaise .

Vous y trouverez un article très complet sur le Kalevala






Sources : 
http://www.finnguide.fi/sightguide/attractions.asp?a=2&t=4&p=293

jeudi 20 février 2014

24 Février ,Fête Nationale en Estonie : célébration de la première Indépendance de l'Estonie en 1918






La place de la Liberté - Vabaduse Väljak -Tallinn


Le 24 février ,c'est la Fête Nationale estonienne ,l'anniversaire de la proclamation de la première indépendance de l'Estonie , le 24 février 1918.
Tous les drapeaux estoniens vont être de sortie sur les maisons ,les balcons ,accrochés aux mâts devant les maisons ...

Et cette année , l'Estonie va fêter les 96 ans de sa première Indépendance .







Vous en saurez plus sur l'indépendance de l'Estonie sur le blog :




...et aussi dans un de mes anciens posts :   





Si tous ces articles sur l'Estonie ont piqué votre curiosité , c'est l'occasion de vous intéresser à l' Histoire de ce petit pays en visitant ce site :









The Monument to the War of Independence -TALLINN

The Monument to the War of Independence commemorates the Estonian victory in this War. 
In the War of Independence, from 1918 to 1920, Estonia fought against Soviet Russia, the German Iron Division and the Baltic German Landeswehr to protect its independence, declared in 1918. 
 The Estonian military forces included Estonians, local Baltic Germans, Russians, Swedes, Latvians, Jews and representatives of other nations. Estonia was supported by the British Navy and volunteers from Denmark and Sweden. The Russian White Army was an ally of Estonia.
Around 100,000 men fought in the Estonian forces and over 7000 of them were killed in battle or died of wounds.The Monument to the War of Independence is crowned by the Estonian Cross of Liberty Estonia's only military decoration, awarded from 1919 to 1925.
The 23.5 metre high glass monument, made of 143 glass panels, looks like an ice-sculpture and symbolises freedom that is difficult to achieve, remains fragile and is easily destroyed.
The monument has been designed by Rainer Sternfeld, Andri Laidre, Kadri Kiho and Anto Savi. 
The Monument to the War of Independence was built in 2009 and was supported by the donations from 12000 persons.


 

jeudi 6 février 2014

15 février 1794 : Trois couleurs pour la France







Le 15 février 1794 (27 pluviôse An II ), à Paris, l'assemblée de la Convention impose le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge.
Elle "décrète qu'à compter du 1er prairial an II (20 mai 1794), le pavillon sera formé des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales posées verticalement...."pour mettre fin à la fantaisie des couleurs dans la Marine française, sujette à confusion dans les combats.
L'initiative revient à un député de Montauban, le pasteur André Jeanbon, dit Jeanbon Saint-André. Le peintre Louis David, consulté, suggère pour des raisons d'esthétisme que le bleu soit fixé à la hampe.



 À chaque couleur son histoire
 Les trois couleurs du drapeau français remontent aux origines de l'Histoire.

Rouge comme le sang de Saint-Denis
En 1124, l'empereur germanique Henri V pénètre en Champagne et menace Paris. Le roi capétien Louis VI le Gros alerte ses vassaux qui, tous, pour l'occasion, font taire leurs querelles. Le roi lui-même s'en va quérir sur l'autel de l'abbatiale de Saint-Denis, au nord de Paris, la bannière du saint, rouge du sang du martyr, pour la brandir en signe de ralliement.
Il devient dès lors coutumier aux rois de France de brandir la bannière dans les heures de grand péril. Cette tradition est reprise par les révolutionnaires parisiens insurgés contre le roi, de sorte que le drapeau rouge devient aux XIXe et XXe siècles le symbole mondial des luttes révolutionnaires et ouvrières... jusqu'à être adopté par plusieurs États communistes dont la Chine !

 – Blanc, la couleur des chefs de guerre
En 1188, au moment de partir en croisade, le roi Philippe Auguste arbore une bannière blanche avec une croix de Saint-Georges rouge. Le blanc est ainsi associé à la monarchie... et à la guerre. Deux siècles plus tard, Jeanne d'Arc se dote d'une bannière blanche semée de lys, avec l'inscription "Jhesus Maria" et deux anges qui se font face.
Pendant les guerres de religion, le roi Henri III de Navarre, futur Henri IV, et ses compagnons protestants prennent l'habitude de se doter d'une écharpe blanche.
La légende veut que ce soit la "Grande Corisande", Diane d'Andoins, maîtresse du roi de Navarre, qui ait suggéré à celui-ci ce signe de reconnaissance avant la bataille de Coutras. Le blanc, sans doute choisi pour s'opposer au rouge, couleur des troupes espagnoles et catholiques, ou par référence à une forme de pureté évangélique, va ainsi devenir la couleur du clan protestant, puis, quand Henri montera sur le trône, l'une des couleurs de référence de la monarchie française !
C'est seulement en 1815, sous la Restauration, que le blanc devient le symbole exclusif de la monarchie.

Bleu bourgeois
Le bleu est une couleur tardivement apparue dans l'iconographie médiévale. On le rencontre au XIIe siècle dans les vitraux. Très vite, il est associé à la Vierge et à son manteau. Mais on le repère aussi dans les couleurs des bourgeois de Paris, en association avec le rouge. Le prévôt des marchands Étienne Marcel, en conflit avec le pouvoir royal, fait du chaperon (bonnet) bleu et rouge le signe de ralliement de ses partisans.

Un parcours international
Les rois de France, jusqu'à la Révolution, changent d'emblème à leur guise et nul ne se soucie de vénérer leurs couleurs. Les couleurs bleu, blanc et rouge commencent à émerger sous le règne du roi Henri IV (1589-1610). Le "Vert-Galant" recommande ces trois couleurs aux ambassadeurs hollandais qui en font illico l'emblème de leur marine. C'est ainsi qu'aujourd'hui, le bleu-blanc-rouge se retrouve sur le drapeau des Pays-Bas comme sur celui du Luxembourg (ancienne possession néerlandaise).
Le tsar Pierre 1er le Grand, de passage à Amsterdam au début du XVIIIe siècle, adopte les mêmes couleurs pour ses navires. De sorte que le bleu, le blanc et le rouge se retrouvent sur le drapeau de la Russie impériale... et de la Russie actuelle. Émules des Russes, les Serbes les adoptent à leur tour. Elles figurent aujourd'hui sur le drapeau de la Yougoslavie.
En France même, les gardes françaises avaient adopté les trois couleurs sur leur uniforme et l'emblème de leur régiment. Elles les conservèrent en passant du côté de la Révolution sous le nom de Garde nationale.
Le 17 juillet 1789, peu après la prise de la Bastille, Louis XVI est accueilli à l'Hôtel de Ville par une foule arborant sur la tête une cocarde aux couleurs de Paris, le bleu et le rouge. Le populaire général de La Fayette remet au roi en personne une cocarde semblable où il insère le blanc. Il est permis de penser que le "héros des deux mondes", qui s'illustra aux côtés des insurgés américains, vit dans les trois couleurs une réminiscence du drapeau des États-Unis, pour lesquels il avait la plus grande admiration.
Devenu chef de la Garde nationale le 31 juillet 1789, La Fayette officialise la cocarde tricolore. Il la remet solennellement à la municipalité de Paris. "Je vous apporte une cocarde qui fera le tour du monde..." dit-il. Il ne croyait pas si bien dire...



 


 Les couleurs de la Nation
 Le choix opéré par la Convention en 1794 est confirmé en 1812 par l'empereur Napoléon 1er et étendu aux régiments de l'armée de terre.

La Restauration monarchique, de 1815 à 1830, impose le drapeau blanc, réputé à tort être l'emblème traditionnel des rois de France.
Louis-Philippe 1er, qui combattit à Valmy et Jemappes, revient aux trois couleurs en 1830 de sorte qu'en 1848, les républicains hésitent à les conserver et penchent pour le drapeau rouge.
Il faut toute l'éloquence d'Alphonse de Lamartine pour les conserver. Le 26 février 1848, à l'Hôtel de ville de Paris, le poète (58 ans) s'adresse en ces termes aux républicains : "... le drapeau rouge, que vous-même rapportez, n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 1791 et 1793, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie".
Le 14 juillet 1880, enfin, sous la IIIe République, le président Jules Grévy consacre la popularité de cet emblème en le remettant solennellement à tous les corps de l'État.

Bibliographie
Il existe une pléthore d'informations plus ou moins fantaisistes sur la vexillologie ("étude des drapeaux") et sur l'origine des trois couleurs. Je suis quant à moi reconnaissant à Jacques Boudet, l'auteur du dictionnaire Les Mots de l'Histoire (Larousse, 1998) pour la qualité et la précision de ses sources.
Camille Vignolle.