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jeudi 28 mars 2013

Tants Kalli-kalli/ XI noorte tantsupidu "maa ja ilm"/ XI ème festival de Chant et Danse de la Jeunesse du 1er au 3 juillet 2011 à Tallinn


En Estonie, on fait des "Kalli-kalli" aux personnes qu'on aime. Les Estoniens ne sont pas très adeptes des embrassades et des bises ; on se fait plutôt des kalli-kalli entre proches .
On serre alors dans ses bras celui ou celle qu'on aime très très fort .
Si on traduit mot à mot (merci à Stéphane) ,"kalli" vient de "kallistama" qui veut dire étreindre, serrer dans ses bras .
Voici une jolie traduction proposée par Stéphane pour "kalli-kalli" : "câlin-câlin"





jeudi 21 mars 2013

Les curieuses petites rues du vieux Tallinn


Pikk Jalg



C'est en faisant des recherches pour le post "Bogapott ,un café très tranquille dans le vieux Tallinn" que j'ai trouvé sur le site "Tourism.tallinn" un article sympathique sur quelques rues du vieux Tallinn : "Choisissez votre rue favorite dans la Vieille Ville"

 

Il y a Pikk jalg et Lühike Jalg, la "jambe longue" et la "jambe courte", ces deux rues curieuses qui relient la ville haute et la ville basse. À cause de leur nom insolite, les anciens guides touristiques avaient l’habitude de dire que Tallinn était boiteuse. 
La rue qui joint l’une à l’autre, dans leur partie basse, est Rataskaevu, la rue du Puits. Les habitants superstitieux, convaincus qu’un esprit de l’eau vivait dans ce puits, avaient l’habitude de lui jeter des chats errants en guise de sacrifice, pour l’empêcher d’inonder la ville.



La rue la plus longue de la ville est Pikk, dont le nom signifie tout simplement "long". C’est dans cette rue que se trouvent les magnifiques maisons des guildes, l’église Saint-Olav et d’autres trésors architecturaux. 
Parallèle à Pikk, on trouve la rue Lai, dont le nom signifie "large".



Il y a encore Viru, la rue la plus fréquentée et la plus commerçante de la Vieille Ville, la curieuse et étroite Müürivahe et ses boutiques, Vene et ses monastères, ses églises et ses restaurants, Saiakang, le "passage du Pain blanc" – la rue la plus courte de la ville – , et Katariina käik, (le passage Sainte-Catherine), la rue la plus romantique de la Vieille Ville. Ce ne sont là que quelques-unes parmi les plus connues. A vous d'en découvrir d'autres aussi pittoresques ...



Qui sait, peut-être votre rue favorite se trouvera-t-elle hors des sentiers battus, ignorée des guides touristiques!




Lühike Jalg




 
Rataskaevu en allant vers Niguliste Kirik (Église St Nicolas)



Rataskaevu dans l'autre sens




Rue Pikk




Rue Pikk




Rue Lai , vue sur Oleviste Kirik (Eglise St Olav qu'on peut voir aussi rue Pikk)




Viru Gate  et le début de la rue Viru




Rue Viru




Rue Viru ,vue depuis la tour de l'hôtel de ville




Rue Vene




Église orthodoxe dans la rue Vene



Saiakang, le "passage du Pain blanc"




Saiakang, le "passage du Pain blanc"




Katariina käik


Katariina käik



Sources : 
http://www.tourism.tallinn.ee/fra/fpage/idees/a_faire/article_id-9384
http://www.vwti.net/assets/includes/dompopup.php?full=true&id=2&name=tallinn




Agrandir le plan

samedi 16 mars 2013

"Arithmétique des dieux", le dernier roman de Katrina Kalda




Présentation du roman
Kadri Raud est une jeune Estonienne qui a émigré en France avec sa mère, au début des années 1990. La mort de sa grand-mère l'amène à s'interroger sur l'identité de son père, né au début de la seconde guerre mondiale, dans l'Estonie occupée par les Allemands. 
A l'histoire de sa famille font écho les lettres envoyées à la grand-mère par Liisi, une amie déportée en Sibérie par les Soviétiques, en 1941, au début d'une décennie de répression pendant laquelle l'Estonie perdit un quart de sa population. Des lettres qui jettent une autre lumière sur un mystère familial dont le tragique rejoint celui de l'Histoire.

 Un extrait du livre :
 "J'avais grandi, je voulais interroger Hilda sur le secret d'Oncle Oskar, sur la petite pièce cachée, les tableaux et le mur peint de briques rouges. Mais il était impossible de parler d'autre chose que de la vie à l'étranger. Pour Hilda, nous appartenions à une même communauté initiée aux merveilles de l'Occident. Afin de ne pas la décevoir, j'oubliai le temps de la conversation les immeubles en parpaings de la banlieue, le collège construit en préfabriqué (...), le brouillard stagnant sur le canal, (...) le désoeuvrement et la lassitude élevés au rang de valeurs morales (...). Pour ne pas décevoir tante Hilda, je confirmais que la ville où nous habitions était une métropole prospère où la vie n'était qu'une suite d'événements heureux."
(Arithmétique des dieux, page 117)

  
Lire l'article dans le monde .fr : Déchiffrer l'Estonie. "Arithmétique des dieux", de Katrina Kalda 
Voici l'article auquel on ne peut pas accéder ,il est réservé aux abonnés :

"Une centaine de pages, presque sans s'en rendre compte. Puis, comme un doute. Car jusque-là, bercé par le rythme de la langue, aiguillonné par une suite de scènes bien troussées, on avait suivi Katrina Kalda sans résister. Dans la forêt des anecdotes et des intrigues secondaires, sans vraiment comprendre où son roman se dirigeait. Comme un petit rongeur de papier à la suite de la gracile joueuse de flûte : Arithmétique des dieux est un livre subtil, charmeur et discret - comme la flûte, dont il a la musique fragile, les teintes claires, le souffle contenu. Un texte sans cuivres ni percussions. Pour ce roman, son second, Katrina Kalda, née en 1980, prend le risque de faire juste ce qu'il faut, et pas un mot de plus. Au lecteur de lui prêter une attention qu'il ne regrettera pas.
Au premier plan, la jeune Kadri Raud assume la mélodie principale. Elle s'est installée en France avec sa mère à la fin des années 1980, avant la chute de l'URSS et la seconde indépendance de l'Estonie, où elle est née. Elle ne redécouvre le pays qu'au fur et à mesure de ses visites. Vingt-cinq ans plus tard, elle joue avec ses souvenirs et ceux de sa grand-mère Eda, qui vient de mettre fin à ses jours. Elle remonte à la source sans avoir l'air de trop y toucher, au début des années 1940, lorsque Allemands et Soviétiques envahissent tour à tour le pays. Pour la jeune femme qui n'arrive pas à se fixer, obstinément célibataire, c'est aussi une manière de remettre en perspective son histoire personnelle, son identité qui hésite entre deux pays, et sa féminité. S'immergeant peu à peu dans une mémoire collective qu'elle ne soupçonne pas, elle en reprend subrepticement des traits et des couleurs. Elle se les réapproprie et demande à savoir.

Au risque de se répéter et de creuser le même sillon balte, Arithmétique des dieux s'inscrit dans la continuité du premier livre de Katrina Kalda, Un roman estonien (Gallimard, 2010). Bien qu'il s'agisse d'enjeux littéraires en partie différents, Arithmétique des dieux est également un roman estonien, qui évoque par ailleurs les mêmes années charnières que le trop fameux Purge, de Sofie Oksanen (Stock, 2010). Le même théâtre de guerre et de déportation : périlleux. Mais reconnaissons que le texte de Kalda n'a rien à voir avec celui d'Oksanen, ni les mêmes ambitions ni les mêmes qualités. Et que, sans mégoter, on dira qu'il n'en a pas de moindres, et que, à titre personnel, on les préfère. Purge ne prenait pas le risque de la discrétion, et avait d'autres finesses. Page à page, on se surprend à franchement admirer cette Arithmétique des dieux. La porte est étroite, la lumière est tamisée, la voix est ténue : c'est dire sans doute la nécessité et le talent de ce roman entêtant.

NI SUSPENSE NI PATHOS
En livre élégant, Arithmétique des dieux attend donc longtemps avant de se dévoiler vraiment et de tomber le masque d'une construction à plusieurs étages, périodes et focalisations. Certes, la jeune Kadri Raud est bel et bien la narratrice de ce roman, mais les anecdotes des différents amis et membres de la famille, le jeu d'échos des mémoires, les citations de vieilles lettres élaborent une architecture complexe. Le rapport entre les différents éléments de l'intrigue n'est que suggéré, réduit à des résonances. Le plan et le mouvement, comme impressionnistes, ne se devinent que dans la deuxième moitié du roman. Le lecteur funambule se rend alors compte qu'il a déjà bien avancé sur le câble si mince. Miraculeusement. Sans les effets ni les apprêts. Ni le suspense ni les manœuvres d'un scénario plus évident... Sans filet. Katrina Kalda n'a pas besoin, pour imposer son récit, de pathos facile et de rebondissements convenus.
Même quand il émeut, et cela arrive souvent, ce roman le fait avec délicatesse. Modestement. Il laisse le lecteur glisser doucement dans une scène avant de le retenir et de l'étreindre - suivant en cela le mouvement de ces souvenirs que l'on rejoint sans heurt et qui ne vous serrent qu'ensuite. Le livre de Katrina Kalda est le livre de ces souvenirs. De leur façon de s'imposer à nous en douce, avec leurs vérités exhumées et dans la continuité d'une histoire collective qui vous entraîne malgré vous. Car ce qui caractérise et afflige Kadri, c'est qu'elle est seule et déracinée - et qu'elle reprend le fil, aussi -, de la même manière : sans s'en rendre compte.
C'est ainsi que cette Arithmétique des dieux est une théorie des nombres : un récit du déchiffrement des signes dissimulés dans la mémoire de Kadri comme dans celle de ses proches. Au fil des retrouvailles, de l'enchaînement des paysages estoniens et du passage des générations, le roman de Katrina Kalda mime un surgissement du sens. Un surgissement prodigieux et inattendu, frappant les personnages presque au hasard, comme les dieux de la tragédie, et répondant au ressac d'un siècle sans égards pour les hommes. Un siècle qui exile, sépare et réunit dans un mystère arithmétique qu'une nouvelle génération finit par résoudre."


Biographie 
Née en 1980 en Estonie, à Tallinn, Katrina Kalda est arrivée en France à l'âge de dix ans. Après des études primaires et secondaires à Calais, elle intègre l'Ecole Normale Sup' de Lyon. Elle obtient l'agrégation de lettres modernes en 2004, part enseigner une année à Prague, avant de revenir en France pour préparer une thèse. Aujourd'hui, elle enseigne en lycée.
Son premier roman (publié, car elle en a écrit plusieurs, au titre d'exercices, comme elle dit...) Un roman estonien a été publié par Gallimard en 2010. 
Vrai-faux roman-feuilleton, vraie-fausse ode au patriotisme estonien, véritable réflexion sur l'entrée de l'Estonie dans l'Union européenne ("Eerik y voyait des accords et des contrats, August voyait Dante, Shakespeare et Schiller. Aucun des deux ne voyait les normes alimentaires, la pasteurisation du lait, les croissants à l'huile sous emballage plastique, ni les passeports à empreinte digitale incorporée"), ce roman a été très vite salué par la critique française. C'est en français que Katrina Kalda a choisi d'écrire, une langue qu'elle maîtrise mieux que l'estonien : 
" Il me semble que c'est une chance de pouvoir écrire dans une langue qui n'est pas notre langue maternelle. D'abord parce qu'on a une perception différente de la langue, ensuite, parce que la langue maternelle est plus immédiatement intime. Je pense que c'est plus facile de travailler sur le matériau de la mémoire avec une langue étrangère qui joue moins sur le registre de l'intime."

 En février 2013, paraît le second roman de Katrina Kalda, toujours chez Gallimard, Arithmétique des dieux. A travers la correspondance de sa grand-mère, l'héroïne découvre l'histoire de sa famille et d'une décennie de répression soviétique qui décima la population estonienne.


 Katrina Kalda


Sources : 
http://www.franceinter.fr/personne-katrina-kalda
http://www.lemonde.fr/livres/article/2013/03/07/dechiffrer-l-estonie_1844129_3260.html